Cerveaux et téléphones mobiles, extraits d’un éditorial sur les risques sanitaires

Il y a 50 millions de téléphones mobiles au Royaume Uni (RU) et plus d’un milliard dans le monde. Ce moyen personnel et mobile de communication a permis de sauver des vies en donnat l’alerte plus rapidement concernant un accident, traumatisme ou autre danger. Mais des craintes se sont exprimées au sujet de la sécurité de leur utilisation.

Le Groupe indépendant d’experts en téléphonie mobile (IEGMP) du RU a publié le rapport Stewart en 2000. Ce rapport préconisait la mise en place d’un programme de recherche et l’application du principe de précaution pour l’utilisation des téléphones mobiles, en particulier pour les enfants. En conséquence, un programme de recherche a été lancé en 2001 avec un budget de 10,5 millions €, financé conjointement par l’industrie et l’état. Les deux publications du BMJ sont le fruit de cette initiative (dont celle de Hepworth et col).

Dans la mesure où il n’y a pas de mécanisme biologique évident concernant une action cancérigène des radiations de type radiofréquences, il n’y a probablement pas de relation entre l’utilisation des téléphones portables et le développement de gliomes. Mais la période de latence de la formation de gliomes pourrait être plus longue que la durée étudiée par Hepworth et col. et une plus longue durée serait nécessaire avant de tirer des conclusions plus fiables. Le manuel de neuropathologie de Greenfield mentionne que “une telle association serait surprenante étant donné le peu de temps depuis l’introduction et la large utilisation des téléphones portables : chez l’homme adulte, tous les cancérogènes, y compris les rayonnements, nécessitent une latence habituellement de plus de 20 ans et souvent de plus de 30 ans. Dans l’étude de Hepworth et col. seulement un petit nombre de patients ayant développé un gliome ont déclarés une exposition de plus de 10 ans.

Dans le même numéro du BMJ, Rubin et col. examinent le phénomène appelé “hypersensibilité électromagnétique”. Il s’agit d’un ensemble de symptomes comme les meaux de tête, nausée, fatigue, vertiges et perte de mémoire ou concentration apparemment provoqués par l’exposition au rayonnements éléectromagnétiques. En Suède cette hypersensibilité est acceptée comme un dommage physique et il existe un plan national pour l’amélioration des conditions au domicile et au travail des individus qui en souffrent. Cette étude n’a pas mis en évidence une relation entre l’hypersensibilité électromagnétique et l’utilisation du téléphone portable.

L’IEGMP admet que la radiation provenant des téléphones portables peut provoquer des effets biologiques, mais les experts ne pensent pas qu’un tel rayonnement puisse avoir des effets néfastes sur la santé. En 2005, le Comité national de protection radiologique a mis à jour le rapport Stewart en proposant de reconduire ses conclusions. L’étude de Hepworth et col. s’avère également rassurante mais la technologie GSM a à peine 10 ans. La question de la durée suffisante de l’utilisation de cette technologie pour permettre de détecter des pathologies du cerveau reste donc ouverte.

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