Quelques précisions sur le programme

Dans une première partie du programme, sont abordés les différents milieux de vie et les liens entre les multiples atteintes à l’environnement, ainsi que les risques pour la santé.
- Positionnement des enjeux de santé au regard des enjeux du développement durable, que l’on ne peut plus se permettre de considérer de manière séparée.
- Formation aux approches en évaluation et gestion des risques pour la santé, aux politiques de santé publique locale
- Apprentissage des bases de connaissances en épidémiologie, en toxicologie qui sont des outils majeurs de connaissances en santé publique.
- Introduction au droit de l’environnement et à l’économie écologique axée sur les aspects relatifs aux impacts sanitaires de facteurs de risque reconnus.
- Ouverture vers les défis auxquels nous avons à faire face notamment à travers le croisement entre enjeux de santé et enjeux de soutenabilité, surtout dans un monde globalisé et sous l’influence du dérèglement climatique.

La deuxième partie vise un changement de regard, un basculement d’une approche par la gestion des risques et les logiques défensives (ou a posteriori), à une approche plus positive et proactive partant des situations et des problèmes qui émergent non pas de théories et de modèles, mais de la réalité vécue des territoires.
Les étudiant.es vont s’écarter de la santé publique classique pour se rapprocher de la Promotion de la santé, telle que proposée dans la charte d’Ottawa en 1986, en se fixant aussi l’obligation d’agir dans le sens de la réduction des inégalités sociales de santé, devenue priorité politique dans les dernières années.
- Ouverture sur l’approche issue des sciences sociales apparaissant comme une manière d’appréhender d’autres dimensions des situations et des territoires, en cherchant, par exemple, les « faits sociaux » à l’origine de la ségrégation socio-spatiale et des inégalités sociales de santé.
- L’échelle pertinente devient celle du local, d’un territoire précis (vécu plutôt qu’administratif, auquel on peut s’attacher et que l’on serait prêt à défendre), dont nous essayons de comprendre et de décrypter les multiples dimensions imbriquées et indissociables (physique et environnementale, symbolique, humaine et sociale)
- Discussions autour de la place des habitants (citoyens), non pas comme des individus agissant isolément, mais comme des personnes vivant des expériences multiples en interaction avec d’autres, issus de différents groupes sociaux.
- Incitations à développer une approche critique y compris dans la manière de mobiliser les données sur le terrain, au travers de multiples exemples concrets, en reconnaissant la complexité des situations, que les modèles déterministes ne rendent pas bien compte.
- Méthodes d’apprentissages sur les différents moyens d’impliquer les populations, en questionnant le rôle et la place des citoyens par rapport au projet considéré ; comment en faire des acteurs, plutôt que des bénéficiaires de politiques et programmes conçus pour eux ?
- Les étudiant.es sont formés aux méthodes d’enquêtes qualitatives, dites ethnographiques, comme une modalité pour accéder à l’expérience vécue des habitants, sans mobiliser les préjugés sur leurs aptitudes et savoirs et faire émerger une problématique située et ancrée, à la fois dans le temps et le contexte culturel, social ou politique.
- Initiations à la pratique d’évaluation des politiques publiques à travers l’exemple des évaluations environnementales et des évaluations des impacts sur la santé (EIS), mais aussi des diagnostics territoriaux, par l’établissement de l’inventaire des ressources (institutionnelles et citoyennes) et la structure des opportunités, dans le sens de la coopération ou convergence dans l’action.
- Préparation aux approches « projets » par le biais d’une unité d’enseignement dédiée à la méthodologie de construction et gestion de projets, mais sur la base d’hypothèses scientifiques à mettre à l’épreuve de l’expérience.

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