La justice environnementale

La naissance du mouvement, qu’est devenue la Justice environnementale, est en elle-même instructive (consulter le document accessible par le lien). La longue évolution de la ségrégation socio-ethnique, confinant des populations pauvres et très majoritairement noires, en des lieux de dégradation environnementale. En somme, à chaque fois qu’une installation polluante devait rechercher son lieu d’implantation, le choix de la moindre résistance portait sur des lieux où les populations ne disposaient pas de moyens pour se défendre.
Il faut faire attention, car le raisonnement qui a prévalu ne portait pas sur les sources, mais bien sur le résultats de procédures et de politiques défaillantes, c’est-à-dire incapables de protéger les citoyens, et, plus encore, les plus vulnérables de par leur position sociale. Admettons que la France, avec son principe d’égalité porté par la devise de la République, ne pouvait pas permettre l’émergence de ghettos et de lieux de concentration de la défaveur sociale et de dégradation environnementale. Ce n’est pas le constat que nous en faisons aujourd’hui, qui identifie de nombreuses inégalités, que la puissance publique peine à reconnaître comme résultant de politiques génériques, ne tenant pas compte du principe de justice que pourrait être le fait d’accorder à chacun le droit à un cadre de vie adéquat [1], du moins de par les déficits d’espaces verts et un excédent d’installations nuisantes, comme vous le verrez dans la page suivante, pour l’ile-de-France, région la plus riche de France.
La nécessité de créer aussi un Ministère de la Ville et la mise en place d’une politique de la ville qui a suivi, démontre que des ghettos ont existé et continuent à exister en France et donnent lieu à des programmes spécifiques, que nous aurons l’occasion de mieux étudier en TD.
Que signifie alors la justice environnementale ou, dit autrement, quel nouveaux droits pour les citoyens et quelles obligations pour les pouvoirs publics ? Une voie est bien tracée aux USA et nous devons nous poser la question de comment ses principes et l’expérience acquise, pourraient profiter aux politiques publiques en France ou ailleurs. La spécificité étasunienne porte sur le fait que l’action se fait avec le citoyen et non pour lui ! La justice environnementale ne peut devenir simplement un nouveau principe de droit, sans comprendre ce que les populations des ghettos vivent comme expérience d’exclusion sociale ou de discrimination. Surtout, par les temps qui courent, ceux des restrictions budgétaires à tout va, ne facilitent pas la réorientation des politiques locales et le développement d’autres politiques sociales, appréciées seulement sous l’angle de leur coût.
Enfin, il convient aussi de prendre en compte un autre phénomène, qui, surtout sous l’angle systémique, est devenu une véritable plaie de l’urbanisme : la gentrification. Pourtant, il s’agit d’une tendance naturelle du Marché qui, au fur et à mesure de la valorisation de nouvelles caractéristiques environnementales favorables (par exemple dans la rénovation urbaine), fait monter les prix, dépossédant les populations les plus modestes de la possibilité de bénéficier de ces avantages.

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Voir en ligne : L’histoire de la genèse du mouvement

Notes

[1Mais qui juge de ce qui est adéquat, l’urbaniste qui conçoit ou le citoyen qui va subir ?

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