Urbanisme et obésité

Les urbanistes face à l’épidémie d’obésité

Comme le montre le titre de la revue des urbanistes québécois, de nouvelles responsabilités peuvent incomber à la profession, face au constat de l’épidémie d’obésité mondiale. L’obésité est mentionnée dans plein de cours différents et doit être comprise comme une manifestation pathologique aux causes multiples. Ce n’est pas qu’un problème d’alimentation ou d’activité physique. De plus, l’approche biomédicale du sujet ne nous permet pas d’expliquer sa distribution sociale, l’obésité touchant plus les populations défavorisées. Cependant, le lien entre surpoids et sédentarité [1], qui peut s’exprimer par la corrélation, rapportée par plusieurs études, entre le surpoids et le temps passé devant la télévision, ne peut être nié. Or, quand les modes de vie sédentaires ne sont pas remis en question et que le déplacement automobile reste la norme (il est même présenté par certains comme un droit !), toute la vie s’organise avec des partis-pris, favorables à la voiture. Ce n’est que récemment que les villes ont commencé à découpler la construction de logements et de parkings.
Dès lors que l’on se donne l’obligation de soutenir une activité physique accrue, il nous faut élaborer certaines stratégies, qui consisteront, en premier, à la réinvention de l’espace public. Je pourrais aussi parler de redistribution, au moins pour l’existant, là où l’espace public est contraint par le bâti. Bien souvent j’ai entendu politiques et techniciens déclarer que ceci est très difficile et nécessite de dépasser des blocages culturels. Ce n’est pas faux, mais admettons que les exemples des villes qui ont réussi cette transition sont légion (notamment à Copenhague, aux Pays Bas et en Allemagne, pas dans des contrées exotiques).
Le lobby de l’automobile est puissant et son poids dans les économies le rend incontournable. Défendre la pratique cycliste relève du pot de terre contre le pot de fer, mais les mentalités sont en train de changer et de plus en plus de villes l’intègrent dans leurs projets. Malheureusement, la technique revient au galop et le “y a qu’à” prédomine, se limitant au tracé de quelques pistes cyclables, discontinues, non sécurisées, etc.. Pourtant, les articles et rapports, qui insistent sur la nature du problème, ne manquent pas, y compris sur sa dimension culturelle, bien au delà d’une simple conception qui passe par des arguments rationnels (bénéfice énergétiques et sanitaires, des informations à diffuser aux citoyens qui s’y conformeront sans hésiter). La pratique cycliste nécessite des champions de sa cause et des projets expérimentaux ambitieux. L’abandon du vélo, dans un pays comme la Chine, où sa pratique était historiquement massive, devrait nous alerter sur le statut du vélo versus l’automobile, comme indicateur du statut social.

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Notes

[1Caractéristique répandue des modes de vie actuels

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