Quelques questions à retenir

Conclure avec des questions peut sembler contre-intuitif. Notons que l’apprentissage, surtout devant la complexité des problématiques évoquées, est un processus permanent et nos conceptions seront immanquablement remises en cause dans l’avenir. Les questions doivent être comprises comme des points d’articulation, pour lesquels il convient de conserver une certaine souplesse, une ouverture. Vous pouvez également, en fonction de vos centres d’intérêt prolonger par des lectures personnelles. En tout état de cause, certains points seront repris dans la suite, parfois sous d’autres angles ou éclairages.
- L’acceptabilité des risques, est un point sur lequel il faut réfléchir. On a un peu rapidement tendance à imaginer que c’est l’appréciation du risque qui la conditionne. Pourtant, nous avons insisté, ici et ailleurs que des notions comme l’irréversibilité des dommages ou la réductibilité du risque influencent les réactions du public (revenir si besoin sur la définition que nous lui avons donné (Le public, terme qu’il faudrait problématiser.) De même, il n’existe pas de métrique universel pour définir l’étendue des dommages (sévérité). Ainsi, le fait que les accidents nucléaires aient occasionné relativement peu de victimes (mortalité), n’empêchent pas que le risque soit perçu comme majeur, de par la crainte qu’il génère et la temporalité des éventuelles contaminations [1]. Un autre aspect peut intervenir, dans le cas où l’exposition au risque, majorée pour certains groupes sociaux, peut être perçue comme injuste (une question d’éthique, hors du champ de la Science) ;
- L’objectivité de la Science est un argument souvent opposé à tout avis nuancé ou contradiction du discours officiel. Pourtant, la démarche scientifique a consacré une approche réductionniste de la réalité, avec des choix des paramètres déterminants qui ne sont pas toujours justifiés objectivement [2]. Enfin, le fait que l’on a délégué les mesures à des instruments, se dégageant ainsi des limitations de nos sens, ne rend pas non plus les mesures objectives. C’est bien des humains qui, 1) ont fait le choix de ce qu’il faut mesurer ; 2) ont fabriqué des instruments dans la même intention ; 3) vont interpréter les mesures selon un cadre épistémique choisi (il est rarement unique) [3].
- Le modèle de Société et des questions d’équité ou de justice sociale peuvent influencer les préférences et l’opposition du public. Plutôt que de commencer par la question de l’utilité sociale [4], qui ne peut se mesurer en bénéfices financiers pour certains, mais doit être versée au débat sociétal, le jugement sur l’utilité est porté par un petit nombre d’experts, selon des références pas toujours explicitées et, surtout, sans examiner les alternatives disponibles [5].
Tout ce qui précède pointe en direction d’une problématique aux prolongements politiques et non strictement techniques ou scientifiques. Nous ne tenterons pas d’être exhaustifs et vous pouvez rajouter vos propres questionnements que l’on pourrait discuter dans des séances dédiées à venir.

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Notes

[1Pensez que les déchets resteraient actifs ou émetteurs, sur des dizaines de milliers d’années

[2C’est des scientifiques qui les font et ceux-ci, malgré leur compétences, sont sujets à des préjugés et des préférences qui ne peuvent être qualifiés d’objectifs

[3Le point sera développé lors des TD du mois de janvier

[4A la fois comme moyenne et comme distribution dans la populations

[5Nous le verrons dans le débat sur les pesticides

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