Santé environnementale et santé publique

La santé environnementale, un champ propice pour développer les convergences

La santé environnementale a aussi une histoire, comme la santé publique. Nous en avons fourni des éléments. Ni le périmètre, ni les finalités ne peuvent nous aider à les distinguer. Si nous nous référons à la définition de Winslow, nous y trouvons des traces d’un raisonnement global, associant des actions dans plusieurs directions, environnementales (l’hippocratisme reste vivant), sociales et économiques. Cependant, comme avec toutes les définitions, elle ne nous donne pas accès à la manière de faire. Lister les champs de l’action, afin de couvrir l’ensemble des causes, n’entraine pas, automatiquement, un choix entre approche holiste ou réductionniste. Dans la première, les causes sont abordées globalement, avec leurs interactions mutuelles. Il y a des liens entre holisme et approche systémique, l’attention sur les émergences, selon le principe que le tout est plus que la somme des parties.
En clair, il faut changer de registre, examiner les moyens et les méthodes, comment l’action est conçue et menée, éventuellement par qui et non chercher une vérité dans les différentes définitions. La santé publique a émergé dans l’histoire, comme une émanation étatique, une institution, avec ses règles, légitimant la place de professionnels spécialisés et donnant du poids à leurs interventions vis-à-vis du public, toujours par le haut, car certains savent et d’autres non. Sans pouvoir détailler ce point (je ne suis pas un historien de la santé publique), disons que la santé publique porte les charges de son passé, de la période à laquelle elle s’est constituée comme champ de l’action publique. Evidemment, son évolution, au sein de cultures sociopolitiques variées, va faire apparaître des différences, entre pays. Ainsi, les pays anglo-saxons ont développé une tradition, selon laquelle la santé publique est confiée à des agences autonomes et avec une plus forte implication universitaire. En France il en a été autrement. C’est une administration d’Etat qui a la charge de la santé publique et il a été décidé que ces organismes ne font pas de recherches. L’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique de Rennes, forme les ingénieurs sanitaires, destinés à occuper les postes de l’administration de la santé, en leur apprenant des techniques, en les dotant d’outils pour mener l’action [1]. Difficile, dans ces conditions, de renouveler les approches, un peu rigides par design (ce point pourrait être débattu).
Une autre difficulté peut être signalée. De par l’association étroite entre santé publique et administration de la santé, la première s’est un peu détachée des considérations sociales, l’action sociale étant le propre d’autres professionnels et sous la houlette d’une administration distincte. Les médecins de santé publique, formant l’élite en quelque sorte, reçoivent une formation qui reste dominée par des conceptions biomédicales. La critique peut sembler facile et les observations ci-dessus insuffisamment justifiées. Essayez de suspendre votre jugement, jusqu’à ce qu’on passe à des exemples plus concrets, au travers desquels le changement d’approche sera mis en scène et, même, évalué. Disons, de manière synthétique que, l’appui sur la santé environnementale est l’occasion de réexaminer les modalités de l’action, à la fois la conception et la conduite, menée simultanément face à l’ensemble des enjeux, en lien avec la santé/bien-être, par de multiples professionnels, bien au delà du champ habituel de la santé (environnement, urbanisme et aménagement, action sociale, transports, développement économique, la liste peut être longue). Deux points sont à retenir : la question de l’intersectoralité, une conception coordonnée de l’action réunissant l’ensemble des secteurs qui influencent la santé/bien-être et une impulsion vers des politiques favorables à la santé, en accord avec l’axe 1 de la charte d’Ottawa.

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Notes

[1Une insistance sur le Comment, alors que le Pourquoi n’est jamais problématisé

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