Les six biais à éviter dans une évaluation contingente

La méthode des marchés hypothétiques comporte, elle aussi, des difficultés liées en particulier aux problèmes de mise en condition des personnes enquêtées, dont certaines refusent parfois de jouer le jeu. On peut ainsi douter de la précision de ces évaluations en raison même du caractère hypothétique des situations. Un problème essentiel est de s’assurer que les enquêtés sont bien incités a dire la vérité. Cummings et al. [1] ont identifié six « biais » à éviter dans ces évaluations :

  1. le « biais stratégique » se manifeste lorsque les personnes interrogées donnent à dessein des réponses fausses, sachant que dans la réalité elles ne devront effectuer aucun paiement ;
  2. le « biais du point de départ » (ou biais initial) est lié à l’influence des premiers ordres de grandeur (« enchères ») suggérés par l’enquêteur (« accepteriez vous de payer telle somme ? »). L’enquêté peut se sentir enfermé dans une certaine fourchette ; il faut dès lors veiller à ce que les valeurs exprimées soient à la fois « libres et réalistes » ;
  3. le « biais informationnel » découle de la nature de l’information fournie à l’enquêté : information sur la nature et les conséquences de la pollution, sur les mesures à prendre, les dépenses à engager, etc. ;
  4. le « biais instrumental » traduit la sensibilité des valeurs révélées en fonction des moyens de paiements proposés (majorations d’impôts, droits d’entrée, augmentation du prix de certains biens et services tels que l’électricité ou l’eau, etc.) : on accepte plus facilement certaines formes de paiement que d’autres ;
  5. le « biais hypothétique » est dû à l’absence de conséquence financière du choix exprimé : sur un marché réel, une erreur de choix ou de calcul est sanctionnée par une perte ; sur un marché hypothétique, il n’en est rien.
  6. le « biais opérationnel », enfin, correspond au degré de cohérence entre le marché hypothétique et le marché réel. Il importe que l’enquêté ait une connaissance aussi bonne que possible des biens qu’on lui demande d’évaluer. On établit ainsi une liste de « conditions opérationnelles de référence » qui définissent les nécessaires « passerelles » avec la réalité.

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Notes

[1R. Cummings, D. Brookshire and W. Schulze, Valuing Environmental Goods : A State of the Art Assessment of the Contingent Valuation Method, Vols. 1A and 1B, Report to the Office of Policy Analysis, US Environmental Protection Agency, Washington DC 1984.

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