La lutte contre les maladies infectieuses pose-t-elle un problème ?

Selon l’approche de l’OMS, les maladies infectieuses sont celles qui présentent la composante environnementale la plus élevée [1]. A l’échelle mondiale, les maladies infectieuses sont responsables de 14 millions de décès chaque année. Plus de 90% surviennent dans les pays en développement, soit 43% des décès, contre 1% dans les pays industrialisés. Mais ces derniers ne sont pas pour autant à l’abri : l’incidence des maladies émergentes dans les pays occidentaux a augmenté de 10 à 20% ces quinze dernières années.

En France, en 1998, 33 000 décès ont été recensés avec pour cause initiale des maladies infectieuses et 66 000 en tant que cause initiale, immédiate ou associée. Toutes causes confondues, les maladies infectieuses représentent 12% des décès. Le nombre d’individus sensibles augmente en raison du vieillissement. Chez les personnes âgées, les infections provoquent souvent des maladies graves avec un fort taux de mortalité.

Chaque année, 69 000 personnes de la Région européenne meurent de tuberculose et 450 000 personnes contractent l’infection. En Europe orientale, en raison de mauvaises pratiques de lutte contre la tuberculose, près de 70 000 nouveaux cas de tuberculose polypharmacorésistante sont observés chaque année, ce qui constitue le taux le plus élevé du monde. Dans environ la moitié de ces cas, les bacilles sont résistants à tous les antituberculeux de première ligne. Certaines souches sont également résistantes aux médicaments de seconde ligne et sont de ce fait appelées ultrarésistantes.

Un rôle pour le changement climatique ?

Des conséquences sanitaires considérables sont attendues du fait du changement climatique. La croissance de la population mondiale, le vieillissement des populations occidentales et les effets sur la consommation des ressources naturelles et énergétiques, la globalisation du système économique qui privilégie la consommation, concourent à une possible rupture des équilibres de la biosphère, dont le changement climatique et l’érosion de la biodiversité sont deux manifestations.

Ces modifications dont l’ampleur est sans précédent devraient peser sur les risques sanitaires, en les accentuant, en particulier pour les populations les plus vulnérables. L’accès aux ressources vitales, comme l’eau potable et les modifications de la dynamique des maladies infectieuses sont à prévoir [2].

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Notes

[1Celle-ci atteint plus de 90% pour la diarrhée

[2Certaines maladies infectieuses réémergentes sont déjà observées, la tuberculose en fait partie

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