La notion de risque majeur

Sept risques naturels principaux sont prévisibles sur le territoire national :
- les inondations,
- les séismes,
- les éruptions volcaniques,
- les mouvements de terrain,
- les avalanches,
- les feux de forêt,
- les cyclones et les tempêtes.

Les risques technologiques, sont au nombre de cinq :
- le risque nucléaire,
- le risque industriel,
- le risque de transport de matières dangereuses,
- le risque de rupture de barrage
- le risque minier.

Jusqu’à présent nous avons analysé les risques en fonction de leur type, de la source en quelque sorte. Ici nous allons introduire un aspect quantitatif, bien particulier. En effet, un risque majeur est caractérisé par sa faible fréquence et par sa gravité, potentiellement énorme.

Le risque majeur concerne des événements d’origine naturelle ou anthropiques, dont les effets peuvent mettre en jeu un grand nombre de personnes, occasionner des dommages importants et dépasser les capacités de réaction de la société. Ainsi, il est lié à l’existence d’enjeux, qui représentent l’ensemble des personnes et des biens (ayant une valeur monétaire ou non monétaire) pouvant être affectés par un phénomène. Les conséquences d’un risque majeur sur les enjeux se mesurent en terme de vulnérabilité.

La gestion des risques majeurs comporte certaines obligations qui vont dans le sens de la prévention ou de l’atténuation des effets sur lesquelles nous allons insister :
- L’étude des phénomènes et la surveillance sont indispensables pour avoir une notion de la fréquence (temps de retour d’un aléas) et anticiper les phénomènes (alertes précoces).
- La recherche de l’atténuation des dommages [1], en réduisant l’intensité des aléas et la vulnérabilité des biens et personnes, mais aussi par l’organisation des secours.
- Les servitudes sont liées à la maîtrise des enjeux. Elles sont la conséquence de la cartographie des PPR et représente leur transcription dans les documents d’urbanisme (limitation de l’urbanisme => refuser un permis de construire en zone inondable).
- L’indemnisation, définie dans la loi du 13 juillet 1982 et qui dépend de la prise d’un arrêté interministériel dit de catastrophe naturelle [2], se fonde sur la mutualisation entre tous les assurés (prime spécifique dans les contrats d’assurance) et la mise en place d’une garantie de l’Etat.

17 Messages de forum

  • La notion de risque majeur 5 février 2010 11:03

    Bonjour à tous !
    L’on définit un risque majeur comme celui concernant des événements d’origine naturelle ou anthropiques, dont les effets peuvent mettre en jeu un grand nombre de personnes, occasionner des dommages importants et dépasser les capacités de réaction de la société. Au vue de cette définition, il me semble bien que tous les risques cités (technologiques et naturels principaux) font partie des risques majeurs ! Est-ce vrai ou je me trompe ? Si oui aidez-moi à faire la démarcation ou la distinction.

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  • La notion de risque majeur 22 février 2010 14:33

    Bonjour Professeur !
    juste quelques éclaircissement dans la classification des risques, car certains risques sont apparentés ;
    Exemple :
    Quelle différence il y a entre séisme et mouvement de terrain pour qu’on puisse les distinguer lors de la classification, pour ma part je pense qu’ils sont de la même catégorie.

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  • La notion de risque majeur 22 février 2010 20:36

    Tous les deux sont des risques naturels. Cependant, ils ont des spectres et des causes différentes. Les séismes sont associés à la tectonique des plaques. Ils n’interviennent pas n’importe où. Les glissements de terrain associent conditions météorologiques, type géologique et morphologie (notion de pente). Leur gestion se fait au travers d’actions très différentes.

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  • La notion de risque majeur 28 novembre 2010 19:18

    vous pouvez m ’expliquer docteur en nous donnant des exemples ce que signifie cette phrase :"en reduisant l’intensité des aléas et la vulnérabilité des biens et personnes" c ;est ce que je n arrive pas a comprendre c’est que c quoi l ’aleas et la vulnerabilite ???
    merci d’avance prof

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  • La notion de risque majeur 17 octobre 2011 13:25

    Bonjour,

    Quand on parle de la "capacité de réaction de la société", c’est un moyen de mesurer la gravité de l’évènement par rapport à quel type des variables ? Peut-on penser à l’incapacité de sa gestion par les PPR ?
    Merci

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    • La notion de risque majeur 17 octobre 2011 14:12, par Yorghos Remvikos

      La gravité peut être définie de différentes façons. En l’occurrence, la capacité de mobilisation dépend de l’intensité des débats (voir téléphonie mobile), la crainte d’un événement mal cerné (centrales nucléaires), le caractère plus ou moins connu, etc. Vous avez plus d’informations sur ce sujet, à propos des risques perçus.

      Retenez tout de même que le décideur public aura toujours tendance d’accorder plus d’attention à des sujets mobilisateurs de l’opinion, indépendamment du nombre de victimes attendu.

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  • La notion de risque majeur 23 octobre 2012 12:07

    Bonjour ,
    quelqu’un pourrait m’éclairer sur le paragraphe suivant :

    " Les servitudes sont liées à la maîtrise des enjeux. Elles sont la conséquence de la cartographie des PPR et représente leur transcription dans les documents d’urbanisme (limitation de l’urbanisme => refuser un permis de construire en zone inondable"

    Qu’est-ce une servitude ?Si j ai bien compris la définition de servitude =droit sur une chose ?
    merci d’avance

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    • La notion de risque majeur 23 octobre 2012 12:32, par Yorghos Remvikos

      Ce terme correspond à une définition juridique. C’est vrai qu’elle sera abordée dans les cours de droit. Sachez pour le moment qu’une façon pour la collectivité de maîtriser les enjeux est de cartographier les risques. Ceci génère, ce que je qualifierais de restrictions des activités et usages. Ainsi, sur un plan local d’urbanisme, il peut y avoir des indications sur les risques qui limitent le droit de propriété (risque carrières, risques inondations, risques de glissements de terrain...). Celles-ci génèrent des servitudes.

      Une manière, plus courante, d’avoir un exemple, concerne le droit de passage. Vous pouvez être propriétaire d’un terrain, mais avec une obligation de laisser l’accès à d’autres propriétés qui se trouvent derrière. Celle-ci est une servitude de droit privé, les autres que j’ai indiqué ci-dessus sont de droit public.

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  • La notion de risque majeur 9 novembre 2014 14:20

    Bonjour Professeur.
    Précédemment, dans la partie concernant la typologie des risques, nous avons appris qu’il y a des risques naturels, des risques technologiques et des risques sanitaires. Cette fois ci, nous n’apercevons plus les risques sanitaires. Est-ce parce qu’ils ne sont pas des risques majeurs ?

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    • La notion de risque majeur 10 novembre 2014 17:15, par Yorghos Remvikos

      L’approche gestionnaire des ingénieurs, qui a dominé la conception de la réglementation française, n’est pas nécessairement un exemple à promouvoir. Je ne fais que vous la livrer, telle qu’elle existe dans les textes. Il se trouve que l’application du terme risques majeurs a été étroite, incluant ce que l’on appelle aujourd’hui les risques technologiques, les risques naturels et le transport des matières dangereuses. Il y a néanmoins une certaine logique, dans le sens où l’identification des risques majeures génère une obligation d’inscription dans les documents d’urbanisme, pour éviter que des habitations soient menacées. Une fois de plus, il s’agit d’intentions, contredites par les événements comme AZF et les autres accidents majeurs danses 30 dernières années. Manifestement, les risques sanitaires (liés à l’environnement), dont l’émergence en tant que concept est plus récente, ont donné lieu à de nouveaux plans, comme le Plan national santé environnement, actuellement dans sa troisième édition.

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  • La notion de risque majeur 17 novembre 2014 13:01

    Bonjour Prof
    Je voudrai savoir si la rubrique ’’Sept risques naturels principaux sont prévisibles sur le territoire national’ est exhaustive ?
    Ne peut on pas ajouter des événements naturels tels ;
    Foudre et décharges naturelles
    sécheresse
    Les envahissements des cultures par les animaux sauvages et les sauterelles ?
    ce sont des risques aussi que je peux qualifier de naturelle ayant d’impact sur de l’environnement et les humains. Merci

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    • La notion de risque majeur 17 novembre 2014 19:27, par Yorghos Remvikos

      Il faut prendre cette page pour ce qu’elle est, purement factuelle et représentant la réglementation française. Je n’ai pas à dire si elle est complète ou non. A mon avis, vous confondez risques majeures (entraînant de grands débats matériels et de dommages à la population) et risques naturels. Ces derniers dépendent des pays et de leurs conditions spécifiques. La foudre n’est pas à proprement parlé un risque, cependant elle peut être responsable d’incendies de forêts qui le sont. Je peux aussi comprendre que la sécheresse et les sauterelles puissent être considérées comme des risques naturels. Les réglementation qui s’y rapportent traitent de ces risques et incluent aussi des procédures d’indemnisation, si besoin.

      Encore une fois, ce cours vise à situer les risques sanitaires, les seuls que nous traitons dans le programme, dans l’espace plus large des risques en général. Bien évidemment, certains risques naturels, ceux liés au le climat par exemple, ont aussi des impacts sanitaires. A ce titre, ils peuvent être mentionnés ça et là.

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  • La notion de risque majeur 18 octobre 2016 17:53

    bonjour

    vous inscrivez le risque minier dans votre cours Je pensais vraiment que la france avait abandonner l’exploitation minière. Cette activité n’a tel pas diminué en france ?

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  • La notion de risque majeur 15 octobre 2019 15:06

    Bonjour,

    Est-ce qu’on considère que les dispositifs de gestion de crise (je pense par exemple au plan ORSEC ou au CORRUSS en France) font aussi partie des obligations en matière d’atténuation des risques majeurs ? Est-ce que c’est englobé dans la notion d’"organisation des secours ?"

    Merci d’avance !

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    • La notion de risque majeur 15 octobre 2019 15:42, par Yorghos Remvikos

      Vous constaterez tout au long du programme que nous essayons de nous focaliser sur les risques plus difficiles à caractériser, de par leur caractère chronique et la complexité des expositions. C’est aussi la raison pour laquelle nous n’abordons pas les intoxications aigües.
      Pour revenir à votre question, la réponse est oui. Mais je suis tenté de vous dire qu’est ce qu’une crise ? Comment est-elle générée ? Réfléchissez sur ce qu’est un risque naturel. Nous le qualifions de naturel par l’origine du danger (un extrême climatique), mais l’origine des expositions repose plus sur l’économie politique. En somme, si nous voulions éviter les inondations, on ne s’installerait pas préférentiellement le long de la côte ! Je pourrais dire pareil pour les avalanches, les éruptions volcaniques, etc.
      Autre critique : peut-on encore aujourd’hui croire que la réponse publique peut protéger un citoyen qui n’a même pas conscience du risque. L’exemple de l’incendie de Rouen montre que les plans posent plein de problèmes, même imposeraient un changement d’approche. C’est le sens même du parcours SSEnTS.

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Voir en ligne : Documentation sur les risques majeurs sur le site de prim.net

Notes

[1Le terme de mitigation est parfois emprunté à l’anglais

[2Certaines conditions précises doivent être réunies

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