La spécificité des risques sanitaires

Quelques définitions

- Impacts sanitaires : conséquences en termes de nombre de nouveaux cas (on parle aussi d’incidence), pour un déterminant donné (éventuellement plusieurs) associé à un état de l’environnement (présence des déterminants dans un milieu de vie). Exemple, nombre de cas de pathologies cardiorespiratoires attribués à la pollution atmosphérique ;
- Risques sanitaires : probabilité de développer une pathologie suite à l’exposition à un facteur de risque. Exemple : risque de développer un cancer pour un niveau d’exposition ;
- Nuisances (sanitaires) : le terme s’applique généralement à des impacts ne représentant pas des pathologies précises. Ces effets ont souvent une composante subjective et sont plus difficiles à démontrer. Exemple, les conséquences de l’exposition au bruit ;
- Facteur de risque : ce dit plutôt d’un facteur pouvant occasionner des dommages sanitaires (une ou plusieurs pathologies). Exemple, les rayons UV pouvant provoquer un cancer de la peau ;
- Déterminant (du risque) : s’applique à un facteur dont la responsabilité est établie pour le développement d’une pathologie donnée.

Il n’y a aujourd’hui plus de doute qu’une part des pathologies observées au niveau mondial peut être attribuée à des facteurs environnementaux :
- Sous forme physique (rayonnements), chimiques (éléments ou substances) ou biologiques (agents infectieux par exemple) ;
- Présents dans les milieux (air, eau et sols) ;
- Liés aux changements globaux (climat, biodiversité).

Cette liste montre que les impacts sanitaires dus à l’environnement ont un caractère plus transversal ; ils surviennent suite à une exposition plus ou moins fortuite à un facteur de danger présent dans l’environnement. La définition de l’environnement est ici bien entendu critique et peut donner lieu à des controverses sans fin. La question est abordée ailleurs (L’environnement dans le contexte de la (...)). L’adoption d’un Plan national santé environnement en 2004 marque, en France, la reconnaissance de cet état de fait et de la volonté d’agir dans ce sens (voir le constat inscrit dans les premières lignes du préambule)

Jusqu’à présent, nous avons envisagé des risques dont les sources sont identifiées (naturelles ou technologiques), où les effets peuvent être prédits, mais dont nous cherchons à atténuer les effets. Ce qui est en jeu pour les risques sanitaires est d’une toute autre nature. En effet, en général, nous constatons un excès d’une pathologie donnée qui semble associée à l’exposition à un facteur environnemental dont il s’agit de démontrer la relation de causalité. Bien d’autres étapes seront nécessaires dans le cadre de l’évaluation des risques (un sujet traité plus loin), avant de pouvoir établir la marche à suivre pour gérer ce risque, soit au niveau du facteur (devenu désormais déterminant), soit au niveau des usages ou tout autre moyen permettant de prévenir ou diminuer les expositions.

Les enseignements que nous devons tirer des crises sanitaires, dont le cas de l’amiante est exemplaire, portent sur les raisons de la réaction tardive, d’où une étendue de dommages difficilement acceptable (au moins des dizaines de milliers de cas de cancers) et tout ce qui conduit à “mettre sur le marché” une multitude de substance ou produits potentiellement dangereux sans évaluation préalable.

8 Messages de forum

  • La spécificité des risques sanitaires 29 novembre 2010 16:40

    quelle est la difference entre facteur de risque et determinant du risque ? n’ont ils pas le meme sens ??? merci

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  • Bonjour professeur. Concernant les définitions des différentes sortes de risque, si on parle de risque technologique par exemple en pense automatique à la probabilité de développer des pathologies suite à une exposition à un facteur de risque d’origine technologique mais dans le cas du risque sanitaire on ne tient pas compte du facteur de risque mais des effets que différents facteurs peuvent avoir sur la santé. Si je ne me trompe pas, pourquoi on se base sur les facteurs de risque pour qualifier les autres risques (comme risques industriel et technologique, risque naturel, etc) mais sur les impacts des risques sur la santé pour qualifier le risque sanitaire ? Merci

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    • La spécificité des risques sanitaires 26 octobre 2012 12:10, par Yorghos Remvikos

      Le risque technologique s’applique aux installations industrielles. C’est une définition quasi-réglementaire, à laquelle répond une loi sur les risques technologiques et industriels, qui vise à prévenir les accidents et réaliser autour des installations potentiellement dangereuses des périmètres de protection. Ces risques constituent une menace pour l’intégrité des biens et personnes et s’apparente, d’une certaine façon aux risques naturelles, avec quelques spécificités qui seront vues au semestre prochain.

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  • Le BURKINA FASO s’apprête à vivre un phénomène exceptionnel : une éclipse solaire qui va entrainer des dommages oculaires pour toutes personnes s’exposant au rayonnement UV. La population ne s’empêchera pas d’observer surtout les enfants ; l’état a pris deux mesures de prévention : le port de lunettes de protection et l’abstinence.
    Je me pose les questions suivantes : existe-il des PPR pour ces types de risques dans certains pays (France) ou faudrait-il attendre après, comme c’est le cas de beaucoup de catastrophes (SEVESO) pour rédiger des directives à ce effet ;
    Ensuite cet événement est –il classé comme risque naturel (phénomène naturel à caractère exceptionnel) ou risque sanitaire (probabilité de développer une pathologie suite à une exposition) ? Ou bien le risque sanitaire devient une conséquence du risque naturel.

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    • La spécificité des risques sanitaires 2 novembre 2013 12:56, par Yorghos Remvikos

      Bien que l’on sorte un peu du cadre du Master, on peut après tout l’assimiler à un comportement dangereux pour la santé. D’abord le phénomène n’est pas nouveau, d’autant plus que pendant longtemps les éclipses étaient l’occasion de pratiques rituelles. La lumière du soleil est dangereuse en tout temps, mais nos réflexes d’autopréservation et l’intensité de la lumière nous empêchent de le fixer et produire des dommages sur la rétine. Il ne reste malheureusement que les campagnes d’information massives, impliquant tous les relais (écoles, familles) et la distribution de lunettes polarisées. Je doute que les moyens consacrés par l’état burkinabé soient suffisants.

      Quand j’étais enfant, en Grèce, on confectionnait des protection avec des morceaux de verre coloré que l’on fumé sur un feu de bois. Mais, l’observation était toujours sous le contrôle des parents. Quelques secondes à la fois.

      Ce risque global, ne peut être comparé à la situation des usines dangereuses, de type Seveso.

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