Le milieu intérieur (domestique) reçoit plus d’attention

Un affection identifiée depuis longtemps : le syndrome des bâtiments malsains illustre les difficultés rencontrées en santé environnementale, du fait d’une symptomatologie diffuse et peu spécifique.

Ce concept (Sick Building Syndrome  ?? SBS) défini par l ??Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1982 recouvre une symptomatologie complexe, non spécifique, atypique et indiscutablement liée à l ??occupation des locaux. Les symptômes les plus fréquemment observés sont : irritation et obstruction nasale ; sécheresse et irritation de la muqueuse des yeux, de la gorge, de la peau et manifestations générales (migraine, léthargie, état de fatigue conduisant à un manque de concentration). Nausées, changement dans la perception des odeurs et du goût, toux et sifflements respiratoires sont parfois également signalés. Ces symptômes ont été d ??abord décrits chez les employés de bureau dans les années 70, et en 1990 un rapport de l ??OMS avançait que jusqu ??à 30 % des nouveaux bâtiments pourraient être concernés par le SBS. Les principaux facteurs évoqués comme favorisant ou déclenchant le SBS sont :
- des facteurs physiques : ventilation, éclairage, température, hygrométrie, bruit, particules ;
- des facteurs chimiques : composés organiques volatils (COV), tabac, CO et CO2, dioxyde d ??azote, ozone ;
- des facteurs biologiques : champignons et bactéries ;
- des facteurs personnels et psychologiques : organisation et conditions de travail, statut social, situation personnelle.

Le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) a mis en place en 2001, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, avec un large réseau de partenaires et à la demande des pouvoirs publics. Celui-ci a pour mission de dresser un état des lieux des expositions aux pollutions de l’air rencontrées dans les environnements intérieurs et d’en établir les déterminants, afin d’apporter les informations nécessaires à l’évaluation et à la gestion des risques sanitaires liés à ces expositions. En 2001, une première campagne pilote de mesures a été effectuée dans 90 logements et 9 écoles. Les polluants mesurés ont été les suivants : les oxydes d’azote, le CO, le CO2, certains composés volatils tels que le benzène, le formaldéhyde et le trichloréthylène, des éthers de glycol, des allergènes d’animaux et d’acariens, des moisissures et des fibres minérales artificielles. Les données obtenues, bien que non généralisables à l’ensemble du territoire national, indiquent que la pollution est majoritairement d’origine intérieure, les concentrations des polluants étant souvent plus élevées qu’à l’extérieur. Cet inventaire a été actualisé en 2004. Le rapport en version pdf est accessible dans l’espace documentation.

Depuis 2003, une campagne nationale dans 710 logements, conduite sur un échantillon représentatif du parc de résidences principales. Cette enquête avait trois objectifs :
- faire un état de la pollution de l’air dans les logements en France, en tenant compte de la variabilité des situations (bâtiments et occupants),
- dresser un premier bilan des origines de la pollution intérieure,
- élaborer des indicateurs de qualité de l’air intérieur.

Les résultats sont accessible sur le site de l’OQAI. Pour pouvoir éclairer les pouvoirs publics et pour faire face à l’enjeu sanitaire de l’air intérieur, l’AFSSET s’est autosaisie en octobre 2004 sur cette thématique en proposant la mise en place d’un groupe de travail afin d’élaborer des valeurs guides pour la qualité de l’air intérieur (VGAI) en France, fondées exclusivement sur des critères sanitaires.
Ces travaux ont ainsi permis d’identifier une liste de substances pour lesquelles l’élaboration de valeurs guides de qualité d’air intérieur a été jugée prioritaire. Il s’agit des substances suivantes :

- formaldéhyde,
- monoxyde de carbone,
- benzène,
- trichloroéthylène,
- particules de diamètre inférieur à 10 µm (PM10)
- naphtalène
- tétrachloroéthylène
- phtalate de di(2-éthylhexyle) (DEHP)
- dioxyde d’azote
- acétaldéhyde
- ammoniac
- radon

La description de l’étude et les différents documents produits à ce jour sont accessibles sur le site de l’AFSSET.

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Voir en ligne : Air intérieur : valeurs guides sur le site de l’AFSSET

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