Modifications environnementales et dynamique des maladies infectieuses

Même s’il ne figure pas dans le titre, le concept de maladie émergente ou ré-émergente et bien entendu sous-jacent. Pour autant sa définition n’est pas vraiment consensuelle [1]. Nous nous contenterons donc de passer en revue quelques exemples (non exhaustifs), afin d’illustrer les conséquences des modifications environnementales sur les paramètres qui déterminent la diffusion de certaines maladies infectieuses. Précisons aussi que nous insistons plus particulièrement sur les épidémies, mais il ne faut pas négliger les impacts, économiques par exemple, des zoonoses (comme la fièvre catarrhale ovine).

Certains aspects, liés aux modes de vie, peuvent avoir des impacts importants :
- Mobilité (voyages) et diffusion des pathogènes (de la syphilis ou du choléra suivant les guerres et conquêtes, au SRAS des moyens de déplacement modernes) ;
- Concentration urbaine ou aspects zootechniques (contact proche avec des élevages). La figure ci-contre montre la répartition des cas avérés de grippe aviaire à souche H5N1, dans les volailles d’élevage et les oiseaux sauvages. Pour interpréter les foyers africains, il faut savoir qu’il s’agit de zones d’importation massive de poussins de 1 jour, en provenance d’Asie.

Dans les deux cas il ne s’agit pas de nouveautés, même si dans les temps récents il y a eu changement d’échelle. Par contre des exemples intéressants sont fournis par des modifications substantielles des écosytèmes :
- En cas de déforestation, avec le remplacement par des espèces fruitières, il peut y avoir déplacement d’espèces vecteurs, comme ce fut le cas en Malaisie avec les chauves-souris frugivores, porteuses du virus du Nipah [2], transmis d’abord aux porcs élevés en liberté, puis à l’homme ;
- Déforestation encore et fièvres hémorragiques, avec le virus Guanarito, découvert lors d’une épidémie survenue au Venezuela en 1989, qui a touché 104 personnes dont 26 sont décédées. Les 15 premiers cas sont survenus dans une communauté rurale du centre du pays, qui avait entrepris de défricher une zone forestière. Lorsque les paysans se sont mis à défricher la forêt, ils ont soulevé des poussières infectées par les urines ou les excréments desséchés des rongeurs réservoirs du virus, se contaminant par voie respiratoire ;
- A l’inverse, la reforestation peut conduire à une augmentation des populations de cervidés, espèce réservoir, ce qui contribue à l’émergence de la maladie de Lyme aux Etats-Unis (le vecteur est la tique Borrelia burgdoferi) ;
- Enfin, l’utilisation excessive d’engrais (azote et phosphore), abouti invariablement à l’eutrophisation des masses d’eau, ce qui peut favoriser la prolifération des larves de vecteurs et modifier le cycle de l’agent infectieux.

Les aléas climatiques sont aussi à considérer, avec des effets variables selon les cas :
- La sécheresse peut favoriser l’apparition d’épisodes épidémiques, comme ce fut le cas pour le Shikungunya (eaux stagnantes colonisées à proximité des lieux de vie [3] ;
- L’excès de précipitations, à l’inverse, favorise les épisodes de paludisme.

1 Message

Poser une question

Voir en ligne : Banque de cartes sur le site de l’OMS

Notes

[1Voir le document joint en cliquant sur le logo pdf dans l’encadré ci-contre pour une discussion plus complète

[2Découvert en 1999

[3la description complète de l’initiation de l’épidémie de 2007 dépasse le cadre de ce cours

info portfolio

GIF - 45.3 ko

Plan du cours

info portfolio

GIF - 45.3 ko
SPIP3  Mise à jour : le 29 septembre 2020 | Chartes | Mentions légales | A propos