des économistes classiques face à l’environnement : Ricardo, Malthus et le marché comme solution unique aux déséquilibres

Les écrits de David Ricardo restent très présents à l’heure actuelle. Les uns se trouvent à la base de la théorie du libre-échange international, les autres concernent l’explication de la rente foncière. Ricardo a contribué à la théorie du marché par les premiers et par les deuxièmes, il a traité un problème qui s’est avéré par la suite crucial pour la problématique environnementale. En effet, la pression démographique exercée sur les terres a augmenté les prix des terrains. Cette hausse de prix a permis de mettre en exploitation des terres moins fertiles qui, à des prix antérieurs, n’étaient pas rentables. Cette pression soutenue a conduit en Angleterre en 1817 à une législation qui permettait de clôturer les terrains, introduisant ainsi pour la première fois dans l’histoire un droit de propriété sur la terre, un bien environnemental par excellence. Comme nous verrons par la suite, la définition des droits de propriété sur d’autres biens environnementaux représente une voie que l’économie de l’environnement propose pour protéger le milieu vital.

La contribution de Thomas Malthus n’est pas aussi directe, mais ses études sur le lien entre l’évolution démographique et la croissance économique ont débouché sur une conclusion pessimiste qui se retrouve parfois dans les études environnementales contemporaines. Malthus observait une croissance démographique exponentielle et une croissance économique linéaire. Il en concluait logiquement à une diminution du produit par habitant et extrapolait cette conclusion vers un avenir ou le niveau de vie ne pouvait que baisser. Ce « malthusianisme » se trouve dans les prévisions actuelles où l’accroissement de la pollution est de nature telle qu’il ne peut que dégrader, voire annihiler les conditions de vie. Si l’histoire des pays occidentaux devait donner tort à Malthus, notamment à cause de l’évolution technologique, il faut bien admettre qu’une partie de l’humanité a subi le sort que Malthus a prévu. De même, si aujourd’hui certains défis écologiques peuvent trouver une réponse technologique, tous ne peuvent être résolus par cette voie.

A la fin du XIXe siècle, ce courant a été supplanté par celui qui porte aujourd’hui le nom de « néoclassique », fondement de la science économique depuis le début du XXème siècle. S’il existe des divergences entre les deux courants, le second est plutôt un prolongement du premier, et pose toujours comme postulat de base l’efficience des marchés.

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