de la théorie de la production « classique » à la théorie de l’échange « néoclassique »

Le retournement de problématique que subit vers 1870 l’économie politique, essentiellement sous l’influence de Jevons, Menger et Walras, est considérable. D’une discipline vouée par son fondateur (Smith) à rechercher les causes de la richesse des nations, c’est-à-dire d’une théorie de la production et de la distribution des richesses, elle devient la science de l’allocation des ressources limitées entre des fins concurrentes, en d’autres termes, une axiomatique des choix. Le recours à un point de vue purement individualiste, consécutif, entre autres, aux progrès durant ces années de la psychologie, l’emploi systématique des mathématiques, et notamment du calcul différentiel et intégral, toujours développé par la mécanique, vont venir conforter une logique hypothético-déductive héritée de Ricardo. Ces divers éléments, qui convergent tous vers la revendication d’un statut scientifique pour l’économie, vont amener au centre de la nouvelle construction la notion d’utilité .

Le courant néoclassique part toujours de la règle selon laquelle tout décideur compare les coûts avec les avantages qu’il escompte de sa décision. Dans les deux cas, de toute façon, les choix sont dictés par la rationalité caractérisant le mieux le comportement humain. Mais la rationalité désigne plus précisément pour les néoclassiques une faculté prêtée au décideur de pouvoir faire un calcul de coût-avantage « à la marge » en utilisant à cette fin toute information disponible, le système de prix jouant toujours le rôle d’information pour les agents économiques.

Le lien entre la théorie néoclassique et la théorie classique reste étroit. Entre autres, si un bien existe en abondance, comme la plupart des ressources naturelles, ce n’est pas un bien économique, mais un bien libre, il n’est pas objet de l’Économique. L’analyse néoclassique rejoint en cela les conclusions des classiques. Toutefois, elle s’en éloigne lorsqu’elle ne privilégie plus les ressources naturelles marchandes. Le fondement matériel de la production est peu à peu occulté. L’approche en termes de dotation présente en effet une logique à sens unique allant des dotations initiales aux prix des facteurs (basés sur les raretés relatives et la demande) et des prix aux proportions de facteurs employés. Elle ignore le lien qui unit la production aux ressources. Le propos de la théorie néoclassique est en effet de démontrer l’existence et la stabilité de l’équilibre, étant donné les dotations initiales, et non pas de comprendre la genèse et le processus de production. Ainsi, si les économistes classiques cherchent à expliquer surtout la formation de prix, les économistes néoclassiques s’intéressent plutôt aux conditions du fonctionnement optimal des marchés.

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