Retour aux questions Question sur : La diffusion des médicaments dans l’environnement pose des problèmes considérables ! En réponse à :

Sujet : La diffusion des médicaments dans l’environnement pose des problèmes considérables !

R�pondu le dimanche 23 janvier 2011 par Malergue Christelle

La présence de résidus médicamenteux ou de leurs métabolites a été clairement et mondialement établie, notamment dans les eaux de surface et souterraines, dans les eaux résiduaires, les boues des stations d’épuration utilisées en épandage agricole et dans les sols.

Il existe deux types de sources : diffuse , consécutive au rejet des produits médicamenteux via les urines et excréments de humains (et des animaux) qui ont absorbé les médicaments ; sources ponctuelles consécutives aux rejets des établissements de soins, de l’industrie du médicament, des élevages, des épandages de boues de stations d’épuration. La première est majoritaire.

Une quarantaine de classes de substances médicamenteuses ont été retrouvées dans les eaux superficielles à la sortie des stations d’épuration..elles peuvent toutes être transférables à l’homme après contamination des aliments (via les épandages de boues de stations d’épuration) ; leur persistance dans les boues est très variable et leur activité biologique aussi (elles peuvent être réactivées après transfert par une station).

Leur biodégradabilité , la quantité émise, la métabolisation humaine conditionnent ce qu’on retrouve dans les milieux. Les médicaments sont peu éliminés par les stations d’épuration et ont tendance à s’accumuler dans les milieux. Par exemple : les anticancéreux, très peu éliminés par les stations, très persistants dans l’environnement car très peu biodégradables. De nombreux antibiotiques sont également détectés dans les eaux de surface…

Les risques sont liés à l’exposition à de multiples substances qui peuvent avoir des effets potentialisants , en synergie , etc…La multiplicité des molécules et leur action finale sur le milieu et sur la santé est largement inconnue, et très difficile à évaluer. En tout état de cause, il s’agit de principes actifs, formulés pour avoir un effet cellulaire, donc ils ne sont pas anodins sur les êtres vivants de notre environnement, ni probablement sur nous-mêmes une fois consommés via l’eau potable ou par la chaîne alimentaire.

La problématique est également que les effets peuvent survenir à de faibles doses (ex on connaît des phénomènes d’antibiorésistance et de modulation endocrinienne à de faibles doses) mais sont pour beaucoup largement inconnus et difficiles à étudier à faibles doses ; on connaît des effets aïgues mais pas chroniques (on essaie de les extrapoler à partir des premiers, mais l’approche a ses limites et ne s’applique pas à tous : par exemple les oestradiols).

L’évaluation des risques est insuffisante, la réglementation également (l’industrie chimique fine qui fabrique les médicaments est soumise à l’IPPC = Integrated Pollution Prevention Control, norme très complète , mais les contrôles sont rares).

L’Académie de médecine préconise un certain nombre de mesures : amélioration des connaissances des effets des médicaments sur les êtres vivants et du cycle de vie complet des substances dans l’environnement… ; limitation de l’utilisation des substances/optimisation aussi bien pendant la fabrication qu’à l’usage , que pour la collecte et la destruction des médicaments (amélioration des techniques, certifications environnementales, etc…) ; évaluation des risques liés aux rejets et enfin développement d’actions de formation et d’éducation.

La solution n’est en effet pas triviale, il est difficile de limiter la consommation de médicaments, qui est du domaine privé, individuel et lié à l’état de santé de chacun. Une politique cependant transversale comme préconisée par l’Académie de médecine incluant une promotion de la santé (cf référence aux nombreuses campagnes de l’INPES) pour finalement moins faire appel aux médicaments , et également une incitation à ne pas prescrire systématiquement des médicaments très actifs pourrait faire partie de la solution.

Malgré tout, c’est aussi un problème lié à notre culture, où en terme de santé l’approche curative prévaut sur l’approche préventive. Enfin le lobby de la chimie est très présent en terme de santé . Il serait intéressant de comparer la présence de résidus médicamenteux dans les milieux avec d’autres types de médications, par exemple la médecine traditionnelle chinoise, l’homéopathie, etc…


Forum bouton radio modere abonnement

forum vous enregistrer forum vous inscrire

[Connexion] [s’inscrire] [mot de passe oublié ?]

SPIP3  Mise à jour : le 9 août 2020 | Chartes | Mentions légales | A propos