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Sujet : L’accumulation des médicaments dans les effluents pose des problèmes !

R�pondu le samedi 14 juillet 2012 par Gasteuil Muriel

Les résidus de médicaments administrés à l’homme ou à l’animal se retrouvent dans les sols et les eaux de surface, certes en quantité infime, mais de nombreuses incertitudes demeurent quant à leurs éventuelles conséquences environnementales et sanitaires.
De nombreuses inconnues perdurent en ce qui concerne les éventuelles interactions entre ces faibles quantités de résidus médicamenteux et d’autres molécules présentes dans l’environnement. Il est impossible actuellement de connaitre les conséquences de ces produits sur les écosystèmes car les interactions entre médicaments sont trop nombreuses. De même, il est possible qu’un résidu de médicaments interagisse avec des pesticides ou d’autres substances chimiques existantes.
Face à tant d’incertitudes, faut-il appliquer le principe de précaution et ceci sans preuve tangible ou attendre de constater les effets ? Et même si le risque est avéré les actions semblent limitées.
Quelques mesures semblent cependant possibles afin de limiter et contrôler le risque :
- une meilleure connaissance des médicaments ceci afin de connaitre leur devenir ainsi que leurs effets sur l’environnement.
Mettre en place une classification de tous les médicaments selon leur degré de dangerosité pour l’environnement.
Importance également de connaitre le devenir des molécules de médicament dans les boues d’épuration, ceci afin de d’évaluer leur dégradation ainsi que leur élimination.
- intégrer le risque environnemental parmi les facteurs d’évaluation du rapport bénéfice/risque dans la décision de l’AMM. Instaurer des normes de qualité environnementale pour les médicaments.
- connaître les concentrations de résidus de médicaments dans les milieux aquatiques en les mesurant régulièrement. En effet, la connaissance des concentrations d’un polluant permet la gestion de la qualité du milieu aquatique. Les résidus de médicaments doivent devenir des substances à surveiller régulièrement au même titre que d’autres substances chimiques présentes à de très faibles doses.
- mettre en place des procédés d’épuration performants des eaux résiduaires (charbon actif par exemple…) afin d’éliminer les restes de médicaments ainsi que leurs métabolites.

- diminution de la consommation des médicaments. Je pense que des actions sont possibles dans ce domaine, les français étant de gros consommateurs de médicaments. Rappelons ici que la consommation de médicaments n’est pas un critère de qualité de la santé.
Pour l’OMS plus de 50% des médicaments ne sont pas prescrits ni délivrés comme il convient et la moitié des patients ne prennent pas correctement leurs médicaments. De plus, la consommation exagérée ou erronée des médicaments a des effets nocifs pour les personnes. 50% des pays ne mettent pas en œuvre des politiques de base pour promouvoir l’usage rationnel des médicaments.
Une approche efficace pour améliorer l’usage des médicaments consiste à associer l’éducation et la supervision des prestataires de soins ainsi que l’éducation du consommateur.

- prévenir autant que possible les rejets de médicaments dans l’environnement. La réduction des rejets est envisageable au niveau :

• de la fabrication : les sites de fabrication qui sont des établissements relevant de la législation des installations classées doivent être l’objet de mesures systématiques des molécules de médicaments dans les effluents. Si nécessaire, des procédés d’élimination tels que l’incinération des eaux de process doivent être mis en œuvre pour épurer ces rejets,

• de l’utilisation du médicament par les patients. Beaucoup de patients pratiquent toujours l’élimination des médicaments avec les déchets ménagers. Il faut donc veiller à l’amélioration des collectes des médicaments non utilisés,

• limiter les rejets de résidus de médicaments en provenance des établissements de santé. Les résidus médicamenteux de ces établissements comprennent les excrétas des patients, les excédents de médicaments (exemple en pédiatrie, on utilise des conditionnements pour adultes qui génèrent donc des excédents), les conditionnements contaminés. Ces déchets liés aux médicaments devraient relever de la gestion des déchets chimiques dangereux de l’établissement qui sont éliminés par incinération,

• réduire les flux rejetés par les stations d’épuration urbaines. La grande majorité des résidus de médicaments, passent par les stations d’épuration. La réduction des flux de résidus médicamenteux et donc de leur rejets dans le milieu aquatique passent par une amélioration de l’efficacité de la dépollution par la STEP (filtration membranaire, charbon actif, ozonation…) mais ces techniques restent très onéreuses,

• réduire la consommation de médicaments à usage vétérinaire et principalement les ATB.


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