Question sur : Usines d’incinération d’ordures ménagères : risques et acceptabilité En réponse à :

Sujet : Usines d’incinération d’ordures ménagères : risques et acceptabilité

R�pondu le mercredi 29 janvier 2014 par Salik Kawtar

Les dioxines n’ont jamais été produites intentionnellement, leur formation est par conséquent involontaire et résulte principalement de l’activité humaine. Actuellement, les principales sources d’émission des dioxines sont l’incinération des déchets et la métallurgie. Ces deux sources seraient à l’origine d’au moins 50% des émissions en France. Parmi les usines d’incinération, ce sont les usines d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) qui émettent le plus de dioxines.

Les dioxines émises peuvent être transportées sur de longues distances avant de retomber à la surface des sols et des milieux aquatiques. Les polluants émis lors de l’incinération des déchets vont entrer au contact de l’homme selon des voies variées : digestive (ingestion de sol et de poussières en suspension, aliments produits localement, eau), respiratoire (inhalation de poussières ou de gaz) ou cutanée (contact de la peau avec du sol ou de la poussière). La plupart des études montrent que l’exposition humaine s’effectue à près de 95% par l’alimentation, principalement d’origine animale.

Si on se réfère aux résultats de l’analyse épidémiologique (TD) réalisée par une équipe de l’université de Franche dont l’objectif était l’étude de l’impact potentiel de l’usine de Besançon sur la survenue de lymphomes malins non hodgkiniens. On constate qu’il existe un risque très élevé pour les habitants qui vivent à proximité de l’UIOM de développer un lymphome malin non hodgkinien. Cependant, la période de réalisation de cette étude qui s’étale entre 1980 – 1995 nous permet de déduire qu’à cette époque il s’agissait de pratique d’incinération non encore contrôlée en France.

En effet, ce n’est qu’a partir des années 90 que la France s’est dotée d’une réglementation qui fixe les conditions et les moyens pour limiter les émissions de dioxines (notamment en matière de conditions de combustion, de traitement des gaz issus de l’incinération qui doivent être portés à 850°C pendant 2 secondes). L’application de ce texte a entraîné une diminution importante des émissions de dioxines.

Malgré les progrès réalisés par la France en matière d’UIOM, l’installation de ce type d’usine dans une commune donnée suscite toujours des réactions de refus et de rejet de la part de la population et de quelques décideurs, chose pleinement exprimée par le syndrome du Nimby (« Not in my backyard ») -littéralement « pas dans mon jardin » qui plane sur tout projet d’implantation d’une nouvelle UIOM.

Dans ce cadre, le ministère chargé de l’environnement a décidé d’élaborer une étude intitulée « Consentement local à payer et localisation d’un incinérateur. » dont l’objectif est l’évaluer des nuisances ressenties par la population du fait de l’existence d’un incinérateur. Les résultats de l’étude ont été étonnants, en effet : Plus l’incinérateur est loin et moins les gens le connaissent, plus l’imaginaire prend le pas en surestimant l’importance des nuisances. Un constat qui confirme bien le lourd passif dont souffrent les incinérateurs en termes d’image.

Par ailleurs, malgré ces controverses, le pouvoir public en l’occurrence le Ministère de l’environnement, ne doit pas rejeter les craintes des riverains, si ces derniers n’ont pas les connaissances scientifiques requises pour évaluer le risque sanitaire, ils demeurent les seuls à vivre quotidiennement proche de ces usines. Leurs remarques doivent être prises en compte et l’installation de toute nouvelle UIOM devra faire l’objet d’une gestion intégrée du risque et être ainsi accompagné par la participation des riverains, leur sensibilisation et par une étude sociologique.


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