Question sur : Usines d’incinération d’ordures ménagères : risques et acceptabilité En réponse à :

Sujet : Usines d’incinération d’ordures ménagères : risques et acceptabilité

R�pondu le lundi 13 février 2017 par Vincent Stanley

Les dioxines sont caractérisées par deux grandes catégories de molécules complexes, les polychlorodibenzofuranes (PCDF) et les polychlorodibenzodioxines (PCDD) appartenant à la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques chlorés (HAPC).
Parmi les 210 molécules de dioxines, 17 d’entre elles sont les plus toxiques et sont habituellement étudiées. La 2, 3, 7,8 tétrachlorodibenzodioxine ou TCDD ou encore « dioxine Seveso » est la plus toxique.
Des études réalisées dans différents pays ont montré une forte augmentation des émissions de dioxines après la seconde guerre mondiale, en raison du développement de l’industrie du chlore. Les émissions diminuent à compter des années 1970.
Les principales sources de production et d’émission des dioxines sont l’incinération des déchets et la métallurgie. Au moins 50% des émissions en France émanent de ces deux sources d’origine.
En dépit des suspicions relatives aux impacts négatifs des produits toxiques résultant de l’incinération, certains travaux d’ordre épidémiologique ne parviennent pas à trancher de manière catégorique une relation de cause à effet entre les incinérateurs et les impacts sanitaires. Il est difficile de caractériser des expositions spécifiques aux UIOM et que celles-ci sont faibles (Nouwen et al. 2001 ; Schuhmacher et al. ; 2001 ; Nessel et al. 1991).

Bien avant que les activités industrielles ne connaissent un essor important, des dioxines étaient émises dans l’environnement puisque l’activité volcanique, les feux de forêts et certains micro-organismes produisent des dioxines. La combustion résidentielle du bois contribue également à la production de dioxines, puisqu‘elle représenterait 7,6% des émissions en France (valeur pour 2002 - source CITEPA). Nous tentons de comprendre la problématique de santé publique générée par les usines d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) (effluents atmosphériques des incinérateurs).
Parmi les nouveaux travaux de recherche, le Professeur J.F. Vielet son équipe publiaient dans l’American Journal of Epidemiology en juillet 2000 une recherche relative aux « agrégats de sarcomes des tissus mous (STM) et de lymphomes non hodgkiniens (LNH) autour d’une usine d’incinération d’ordures ménagères émettant des teneurs en dioxines élevées ». Les auteurs concluaient à un surplus de STM et de LNH entre 1980 et 1995 aux environs de l’usine d’incinération de Besançon, mettant dans l’atmosphère des concentrations de dioxines allant jusqu’à 16,3 ng I-TEQ/m3, sans pour autant établir de manière formelle et de lien de causalité entre les excès de cas de cancers et ces concentrations élevées. Cette publication, et les relais dont elle a bénéficié de la part d’associations opposées à l’incinération, a engendré une multiplication du nombre des saisines relatives à l’impact sanitaire des UIOM sollicitant, notamment, la mise en place d’études de même nature sur d’autres sites (in Incinérateurs et santé).
Quant aux controverses autour des rejets des incinérateurs et des dioxines, il y’a des signaux environnemental, sanitaire et social.
Illustrons à titre d’exemple les risques liés aux émissions industrielles le cas de l’incinérateur de Gilly-sur-Isère en France. Au cours des années 1990, on a découvert de très fortes quantités de polluants Chimiques (principalement de la dioxine) produites par une usine d’incinération de déchets ménagers d’un groupement de communes proches d’Albertville. Cette dioxine est retrouvée en quantité dans les champs limitrophes, et dans le lait des vaches élevées. Le fourrage et le lait doivent être détruits. On va chercher la dioxine dans le lait des femmes qui allaitent ; les mères sont très inquiètes. Ce fut un gros scandale. Les gestionnaires du site et les autorités publiques sont mis en procès (In semaine 6 - Toxicologie réglementaire-MOOC Environnement et Santé- Xavier Coumoul-FUN, 2016).

Les communautés, quoique voulant se débarrasser des déchets ménagers, industriels, etc…) sont frappées par le syndrome du Nimby « Not in my backyard » -littéralement « pas dans mon jardin » en ce qui attrait a la mise en place d’infrastructures d’incinération de ces ordures. - plane sur tout projet d’implantation d’une nouvelle UIOM. Face à cette situation, le ministère Français chargé de l’environnement a décidé d’entreprendre la quantification monétaire pour les nuisances causées par les UIOM aux populations locales.


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