Question sur : Usines d’incinération d’ordures ménagères : risques et acceptabilité En réponse à :

Sujet : Usines d’incinération d’ordures ménagères : risques et acceptabilité

R�pondu le dimanche 23 janvier 2011 par Wele Alhassane

L’incinération est un des modes de traitement de déchets les plus utilisés en
France. Pourtant, elle est également l’un des plus contestés. Une étude qualitative
auprès d’experts du domaine montre que l’incinération souffre d’un lourd passif. Des
incinérateurs mis en accusation pour leur taux élevé de dioxines émises et le manque de transparence de leur fonctionnement, ont contribué à développer des peurs alimentées par une médiatisation alarmiste.

Une augmentation significative de l’incidence des lymphomes malins non hodgkiniens aux alentours de l’incinérateur (étude conforte donc l’hypothèse d’une association entre l’exposition environnementale à la dioxine et la survenue de lymphomes malins non hodgkiniens : impact potentiel de l’usine de Besançon sur la survenue de lymphomes malins non hodgkiniens)

Des difficultés ont apparu : de nombreux paramètres influents sur la circulation des molécules dans l’air, comparaison des concentrations réelles de dioxines dans les sols.
La principale source connue d’exposition des volailles aux dioxines, sauf contamination accidentelle de l’alimentation, est l’ingestion de terre contaminée. Cette contamination pourrait par ailleurs être aggravée par certaines pratiques d’élevage.
Les perceptions du risque et son expression :
• Perception et attitudes vis à vis de l’environnement 65 % le qualifient de bon, voire d’excellent
• 53 % des personnes interrogées effectuent des gestes de préservation ou d’amélioration de leur environnement (tri des déchets est l’activité la plus pratiquée 67 % toujours ou souvent)
• Perception de la problématique de la gestion des ordures ménagères et de leur traitement 70 % de la totalité des interviewés déclarent spontanément savoir ce que les ordures ménagères deviennent : l’incinération est cité par 57 % des répondants, la gestion des déchets est bien ressentie par la population interrogée : elle y voit bien plus de retombées positives (80 %)
• Perception de la fonction d’un incinérateur : un incinérateur sert à brûler les ordures et les déchets (90 % des réponses), C’est aussi un équipement bien accepté : 57 % des personnes interrogées estiment qu’un incinérateur améliore la qualité de l’environnement, un incinérateur est avant tout reconnu comme un « mal nécessaire »et gênant mais est également reconnu comme étant un équipement moderne et efficace bien intégré dans l’environnement quotidien
• Avantages d’un incinérateur : 2 personnes sur 3 pensent qu’un incinérateur peut générer des avantages et un impact sur la valeur immobilière de la région.
• Nuisances (autres que sanitaires) : les fumées dégagées par le site arrivent en tête avec, suivi des odeurs autour du site, puis les odeurs des chargements. La nuisance considérée comme la plus intense par les interviewés est le bruit de l’incinérateur
L’enquête réalisée montre un climat plutôt serein et positif vis-à-vis de l’incinération. Bien que perçu comme un « mal nécessaire » par près des trois-quarts de la population riveraine,
L’effet de la distance et de la connaissance de l’incinérateur apparaît crucial : plus l’incinérateur est loin et moins les gens le connaissent, plus l’imaginaire prend le pas pour caractériser l’importance de ces nuisances, ce qui conduit le plus souvent à surévaluer leur nocivité et gravité.
Les différentes modélisations économétriques ont également mis en évidence l’effet de la distance. Le consentement à recevoir ou consentement à payer diminue jusqu’à une certaine distance au delà de laquelle il ré-augmente.
Sur le plan méthodologique, les questions fermées se sont avérées moins sujettes aux comportements opportunistes et donc plus fiables pour l’estimation du coût externe. L’écart classique entre CAR et CAP a également été observé : l’écart très significatif entre les deux valeurs de CAP montre l’importance, d’un point de vue économique, du syndrome NIMBY : on est prêt à payer bien davantage (plus de trois fois plus) pour éviter de subir des nuisances, que pour supprimer des nuisances que l’on subit déjà.


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