Question sur : Pollution du Rhône au PCB Question sur : Pollution du Rhône au PCB En réponse à :

Sujet : Pollution du Rhône au PCB

R�pondu le dimanche 15 juillet 2012 par Gasteuil Muriel

Ces deux contaminations environnementales dues à des pollutions industrielles ont des répercussions extrêmement importantes pour l’écosystème.
Nous avons à faire à deux contaminations différentes :
-  en ce qui concerne la pollution du Rhône par les PCB, nous sommes en présence d’une toxicité sur le long terme, une toxicité chronique qui ne peut être traitée qu’à la source en diminuant l’usage des substances responsables. Elle est donc complexe à combattre car l’origine est souvent difficilement identifiable. Les PCB ne sont pas solubles, ils ne sont pas biodégradables, ils s’accumulent dans les sédiments. C’est une sorte de pollution invisible, dont on ne commence à prendre conscience que lorsque la contamination est excessivement importante. En effet, le rapport du Cemagref a conclu que les sources de contamination étaient « anciennes, multiples et difficilement identifiables ».
-  Alors qu’avec l’incendie de Sandoz à Bale, il s’agit d’une pollution ponctuelle ayant un caractère immédiat et qui provient d’une source bien identifiée en l’occurrence accidentelle puisqu’il s’agit d’un incendie. En effet, le Rhin a été contaminé par les eaux d’extinction qui contenaient des insecticides, des herbicides et des fongicides, du mercure et d’autres produits toxiques. Le sous-dimensionnement des bassins de rétention a directement conduit au déversement des eaux polluées dans le Rhin et a provoqué la destruction de son écosystème. En effet, on a assisté les jours suivant à la destruction de la majeure partie de la faune invertébrée, ce qui a profondément perturbé la chaîne trophique aquatique. Il fut possible de suivre le passage de cette onde toxique.

Une fois la contamination détectée, il faut l’évaluer, la délimiter, la chiffrer et prendre les mesures de protection les mieux adaptées pour l’homme ainsi que pour l’environnement.

- L’appréciation de la pollution va s’effectuer de la même manière pour ces deux cas. L’évaluation de la contamination va se faire à partir d’espèces halieutiques qui vont s’avérer être d’excellents indicateurs de la contamination chimique des cours d’eau.
En effet, les organismes des milieux marins, les mollusques, les crustacés, et les poissons ont été largement étudiés sur la base du postulat que les niveaux de contamination mesurés dans leurs tissus ou organes, est le reflet de la contamination ambiante. C’est la notion d’espèce indicatrice de la qualité du milieu.
De plus, ce sont aussi des vecteurs de contaminant pour l’homme, ce qui va déterminer les autorisations ou non pour la pêche.

- Pour délimiter les zones de contamination, on va également s’appuyer sur les poissons et sur les sédiments, ce qui va permettre d’évaluer l’étendue géographique de ces catastrophes.

- Il faut ensuite chiffrer les pertes ainsi que les coûts de la décontamination.
Dans le cas de la contamination au PCB, il va falloir établir le coût de l’interdiction de la pêche ainsi que l’indemnisation des pêcheurs, le coût de la décontamination comme par exemple le traitement des sédiments du Rhône…
En ce qui concerne l’incendie de l’entrepôt de stockage de l’entreprise Sandoz, le coût des dommages et des réparations a été estimé à 141 millions de Francs Suisses.

- Mesures de protection : pour le PCB, rappelons que les risques liés aux PCB ont été longtemps ignorés par les pouvoirs publics, il faudra attendre 25 ans pour qu’il soit interdit (1987) mais il persiste encore des sous produits pollués aux PCB qu’il faut éliminer par incinération. Les principales mesures vont porter sur l’interdiction de la pêche dans le Rhône, sur le traitement des sédiments du fleuve.
En ce qui concerne la firme Sandoz, cet accident a engendré un grand nombre de changements et de prises de conscience du risque.
L’entreprise a analysé tous les risques relatifs à la fabrication ainsi que le stockage de tous ces produits. Elle a également mis en place pour chacune de ces unités de fabrication, un bac de rétention des eaux d’extinction.
Cet accident va également conduire à l’instauration de registres des risques pour chaque installation dangereuse, mais également une obligation pour chaque groupe chimique, de mesurer leur impact direct sur l’environnement.
Des mesures draconiennes ont été prises afin de « redonner vie » au Rhin.
Ce terrible accident provoqua non seulement en Suisse mais dans de nombreux pays limitrophes, une nouvelle approche du risque industriel, celui-ci est en effet mieux maitrisé qu’avant l’accident.


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