Les sources de données sanitaires (cas de maladies), environnementales (pollutions) et de population

La pratique de la santé-environnement est interdisciplinaire et demande l’utilisation de nombreuses données par nature très diversifiées et le recours à une grande variété de sources de données : bases de données, questionnaires, images satellites, modèles numériques de terrain et ainsi de suite.

Les sources de données sanitaires :
Les registres de surveillance épidémiologique (ex. : registres généraux du cancer, des maladies cardiovasculaires, registres spécialisés) sont les principales sources de données utilisées pour construire les indicateurs sanitaires de l’étude. Parmi les sources de données on peut aussi mentionner : SAMU, SOS médecins, SNIIRAM (Système National d’Informations Inter Régimes de l’Assurance Maladie).

Les sources de données environnementales :
Météo-France et les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa) sont principalement sollicitées pour l’exposition, comme également, les sources de données sur le trafic routier, l’observatoire du bruit en Ile-de-France (Bruitparif), le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (R.N.S.A.), le registre européen des rejets et transferts de polluants (EPER) etc.

Les sources de données de population, données de nature socio-économique :
L’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) est une source de données très recherchée, souvent indispensable dans la construction des indicateurs sanitaires ou d’exposition et naturellement pour les facteurs « populationnels ».

L’utilisation de données existantes à des fins différentes de celles pour lesquelles elles ont été collectées implique de nombreuses étapes de transformation, comme par exemple : modélisation, géocodage, changement d’échelle spatiale, changement d’unité temporelle, traitement des données manquantes. Lorsque les sources de données disponibles ne conviennent pas ou sont tout simplement absentes, une construction de données est alors nécessaire, par l’intermédiaire de jugements d’experts, de modélisation ou de questionnaires. Dans ce dernier cas on revient aux pratiques plus classiques de l’épidémiologie où le questionnaire est le principal instrument de recueil de données. Finalement, des données issues de bases existantes sont croisées avec ces données créées.
Les modalités d’accès aux données peuvent occuper une place non négligeable dans le calendrier d’une étude même si un effort particulier des gestionnaires de bases de données pour fournir des données dans un délai acceptable est souvent constaté, en raison de barrières institutionnelles parfois difficiles à lever et de démarches administratives relativement longues permettant de remplir les conditions légales.

4 Messages de forum

  • 1- Dans la plupart des pays de l’Afrique sub saharienne, les données constituent l’un des problèmes fondamentaux dans les diverses études. Les données sont bien des fois inexistantes ou si elles existent, elles sont souvent dépassées et obsolètes. Cette situation fait qu’on est bien obligé d’avoir recours à des enquêtes sondages, modélisations, etc afin d’approcher la réalité. Mais l’autre revers est que la modélisation et les simulations écartent bien souvent de la réalité et la fiabilité des résultats de l’étude à mon sens pourrait en souffrir.
    2- Nous avons vu les diverses sources d’information par secteur/domaine pour la France. Ces sources diffèrent d’un pays à l’autre. Au Bénin mon pays par exemple, les données socio-économiques concernant la population se retrouvent à l’INSAE (institut nationale de la statistique et de l’économie). Celles concernant la santé peuvent être retrouvées dans des registres tenus par les Directions départementales de la santé, et au Ministère de la santé.

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  • "Lorsque les sources de données disponibles ne conviennent pas ou sont tout simplement absentes, une construction de données est alors nécessaire, par l’intermédiaire de jugements d’experts, de modélisation ou de questionnaires". En quoi consiste ici le jugement des experts et quels sont les experts en question ?

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    • Nous aurons l’occasion de revenir sur cette notion. Une publication scientifique est validée par les pairs (comité de lecture), si elle respecte les règles en la matière. Par contre, lorsqu’il s’agit de passer la littérature en revue dans un domaine, afin de fournir des indications d’action au gestionnaire du risque (pouvoirs publics), des comités d’experts sont conviés, qui vont rendre un rapport motivé. C’est ce que l’on appelle un jugement d’experts, dont la valeur dépend de multiples sources d’incertitudes.

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P.-S.

Références :

Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et de travail (Afsset). (2008). Rapport “ Action 35 du PNSE : enquête sur le croisement de données dans le champ de la santé-environnement“.

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