Estimation du niveau de pollution et du risque de cancer des poumons. Exemple de l’étude de Stockholm (LUCAS)

Une étude basée sur la population cas-témoins, l’étude Cancer du Poumon à Stockholm (LUCAS), a été conçue pour vérifier si la pollution atmosphérique urbaine augmente le risque de cancer du poumon (Bellander et al., 2001 ;. Nyberg et al., 2000).

L’étude LUCAS a utilisé des techniques avancées de modélisation pour évaluer l’exposition individuelle à des périodes concernées (plusieurs dizaines d’années avant le diagnostic). Les données détaillées sur les émissions, les modèles de dispersion et les SIG ont été utilisées pour évaluer l’exposition historique à plusieurs composantes de la pollution de l’air.

L’étude était composée de tous les hommes dans la tranche d’âge 40-75 ans qui vivaient dans le comté de Stockholm, à tout moment entre 1985 et 1990 et qui avaient vécu dans le comté depuis 1950, avec un maximum de 5 années de résidence en dehors du comté. Un total de 1.042 cas de cancer du poumon diagnostiqués entre 1985 et 1990 a été inclus ainsi que 2.364 personnes contrôlées.

L’information sur la résidence de chaque individu depuis 1955 à la fin du suivi (1990-1995) a été recueillie à l’aide d’un questionnaire. Les oxydes d’azote (NOx et NO2) et dioxyde de soufre (SO2) ont été choisis comme les indicateurs de pollution atmosphérique dus respectivement au trafic routier et au chauffage résidentiel.

Les concentrations de l’air ambiant en NOx, NO2, SO2 ont été évaluées sur la zone d’étude sur trois périodes (1960, 1970 et 1980) en utilisant les données sur les émissions reconstruites des polluants avec la modélisation de la dispersion (Figure).

Les estimations modélisées de NO2 pour l’année 1980 ont été validées avec des données de mesures disponibles. Les adresses individuelles ont été géocodées avec une erreur inférieure à 100 m pour 90% des adresses. Les estimations annuelles de pollution de l’air ont ensuite été liées aux coordonnées de résidence, ce qui donne des indices cumulatifs d’exposition résidentiel pour chaque individu.
L’évaluation de l’exposition individuelle détaillée a permis d’évaluer le risque relatif potentiellement associé au trafic routier. La moyenne d’exposition au NO2, liée à la circulation sur plus de 30 ans a été associée avec un risque relatif de 1,4 (le risque augmente jusqu’à 40%) avec un intervalle de confiance à 95% (1,0, 2,0 pour le décile supérieur de l’exposition), ajusté pour le tabagisme, le statut socioéconomique (SSE), le radon dans les habitations et les expositions professionnelles, en prenant en considération une période de latence de 20 ans (Nyberg et al. 2000).

La signification de ces résultats a été reconnue dans un éditorial comme étant la première étude qui avait utilisé une évaluation de l’exposition avancée, qui rend possible l’analyse détaillée sur les populations (Rothman et Cann, 2000). Les résultats indiquent que les SIG peuvent être utiles pour évaluer l’exposition dans les études épidémiologiques de l’environnement, à condition que les données détaillées sur l’exposition géographique soient disponibles pour les périodes étudiées.

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P.-S.

Références :

1. Bellander T., Jonson T., Gustavsson P., Pershagen G., Järup L. (2001). Using geographic information systems to assess individual historical exposure to air pollution from traffic and house heating in Stockholm. Environmental Health Perspectives 109:633–639.

2. Nyberg F., Gustavsson P., Järup L., Bellander T., Berglind N., Jakobsson R., et al. (2000). Urban air pollution and lung cancer in Stockholm. Epidemiology 11:587–595.

3. Rothman K.J., Cann C.I. (2000). The smoking gun ? Epidemiology 11:485–486.

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