Pulsions, instincts et émotions

Les termes d’instincts et pulsions, dans leur acception courante, ont souvent une connotation péjorative. C’est peut-être une conséquence de la pensée cartésienne, qui les relègue en un second plan, celui de notre part animale, plutôt qu’à notre “rationalité”. Pourtant, ceci pourrait être reconsidéré, si l’on adopte un point de vue biologique. En effet, la neurobiologie moderne nous enseigne, qu’instincts et pulsions se fondent sur des circuits neuraux innées, associés à des réactions non conscientes, des états corporels et des mouvements, plutôt que des comportements organisés. La réaction de sursaut, à la perception d’un son soudain, en est un exemple simplifié.

La peur, autre exemple de pulsion, comme le désir ou la colère, est associée à toute une série de modifications corporelles (accélération du rythme cardiaque, constriction des vaisseaux périphériques) et autres réponses végétatives, qui expliquent les expressions comme, peur viscérale ou intestine. D’ailleurs, certains états présentent aussi des signes extérieurs visibles (pâleur ou rougeur du visage p.ex.), ce qui trahit ce que l’on qualifie de langage corporel, qui participe à notre fonctionnement social. Cette description, qui sera reprise dans le suite, est proposée pour comprendre la nature intégrée de ces réponses, dont le but est de nous protéger de divers dangers, perçus dans l’environnement, la présence d’un prédateur, par exemple. On comprend ainsi la raison, ou vu d’une autre façon, l’avantage évolutif de disposer de réactions innées, associées à des gestes ou des comportements automatiques adéquats.

Bien évidemment, et ceci n’est pas le seul apanage de l’humain, les pulsions peuvent émerger dans la conscience, ce qui provoque l’émotion. Dès lors, il est possible d’adopter des stratégies plus complexes, qui peuvent être affinées au travers des apprentissages, tout au long de la vie. Il est important ici de remarquer, que nous ne cherchons pas à faire l’apologie des pulsions, en leur conférant simplement un rôle dans la survie des espèces. Une des conséquences de la prise de conscience, est qu’il sera aussi possible de développer, grâce à la plasticité de nos circuits neuraux, des moyens d’inhibition de ces pulsions. Ceci s’observe, chez l’humain bien sûr, mais aussi dans d’autres espèces sociales. De cette façon, le désir ne conduit pas automatiquement à l’agression sexuelle, ni la colère au meurtre.

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