Instincts, émotions et stratégies de survie

Un oisillon, à peine né, à la perception d’une ombre de grande envergure, présentera un mouvement de retrait. Il s’agit encore de la réaction instinctive, innée. Plus tard, il pourra élaborer ses schémas, associant l’ombre à des prédateurs volants au dessus de lui, le conduisant de la sorte à développer des stratégies de survie plus complexes. Toujours dans le même ordre d’idée, les chimpanzés présentent des signes de panique à la vue d’un serpent, même factice. C’est ce qui fait penser que la partie innée repose sur la perception de formes ou plutôt de mouvements particuliers (ondulation). La reconnaissance de l’animal dangereux, ne viendra que dans un deuxième temps.

Il s’agit du classique phénomène des phobies, assez courantes finalement (serpents, araignées), que nous traitons si facilement d’irrationnelles et pour lesquelles il existe des méthodes de traitement comportementale. La séquence reste donc bien, pulsion/instinct - émotion - maîtrise/apprentissage.

Un autre cas mérite d’être citer ici, du fait des conséquences qu’il a eu sur l’évolution de l’espèce humaine. Les animaux craignent le feu. C’est sans surprise, puisque la rencontre avec le feu dans la nature (incendies de brousses ou de forêts) représente potentiellement un grand danger. La peur du feu représente donc un avantage adaptatif essentiel pour leur survie. Nous savons maintenant, au travers des vestiges archéologiques, que notre lointain ancêtre, Homo erectus, a su domestiquer le feu, il y a plus d’un million d’années. On ne saura jamais comment il a surmonté la peur instinctive, mais nous savons qu’il a mis le feu à son profit, pour toute une série d’usages, éclairage/chaleur, amélioration des techniques de production d’outils, protection contre les prédateurs (qui eux conservent le crainte instinctive) et, surtout, la cuisson de ses produits de chasse, ce qui a permis d’améliorer l’assimilation digestive. Le surcroit d’énergie récupérée de son alimentation, est considérée comme critique, pour l’accroissement du volume du cerveau [1] au cours de l’évolution. Nous pouvons donc revoir notre appréciation des pulsions/instincts et des apprentissages qu’ils suscitent, dans l’adoption des stratégies essentielles pour la survie des espèces, Homme compris, que nous appellerons, adaptations culturelles.

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Notes

[1Le cerveau est un organe très consommateur en énergie pour son développement et son fonctionnement

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