Quelques considérations générales sur le lien entre urbanisme et santé

Afin d’aborder le sujet, il faut disposer de notions claires sur les concepts et objets en question. En parlant d’abord d’urbanisme, que visons-nous précisément ? La ville pourrait être vue comme un mode d’occupation de l’espace, qui devient milieu de vie et qui ne cesse d’évoluer. Ce deuxième aspect a dérivé dans le temps et, dans la période actuelle, je soutiendrais qu’il est devenu controversé. Maintes fois nous sommes confrontés à des urbanistes qui prétendent fabriquer la ville alors qu’ils ne s’intéresse qu’à son enveloppe : bâtiments, réseau viaire, équipements, infrastructures de transport, etc.
Nous aborderons certains points qui précisent aussi notre vision du sujet dans la section suivante. Nous essayerons d’ouvrir le débat sur la prise en compte du vivant dans la ville, en commençant par les populations qui investiraient un lieu, afin d’y vivre, ce qui, tout de même, ne peut se limiter à des besoins purement utilitaires, qui constituent l’obsession des urbanistes. Pour autant, de nouveaux aspects commencent à émerger [1], le cas des aménités étant exemplaire. En somme, le milieu urbain peut apporter des éléments du bien-être que nous poserons comme intangibles ou qu’il n’est pas possible de traduire en bénéfices monétaires de manière simple [2]. Parcs, jardins, qualité esthétique des paysages urbains, viennent s’ajouter à des facteurs plus liées aux fonctions classiques de la ville : logements, emplois, services...
Parmi les nouveaux enjeux, à traiter au travers de l’urbanisme, nous pourrions citer : le climat (gestion de l’énergie, des transports, de la qualité et provenance des matériaux, ou encore l’équilibre minéral/végétal à l’origine des ilots de chaleur urbains. Ainsi, de nouveaux domaines émergent, comme l’agriculture urbaine (et plus généralement les circuits courts), la biodiversité en ville (y compris au travers de la trame verte et bleue, mais aussi des enjeux plus de caractère social, comme l’implication citoyenne, au travers d’initiatives comme les jardins partagés et enfin, des approches plus intégrées, abordées par les mouvements de transition [3].
La question se pose : est-ce que tous les éléments précités peuvent être mis en lien avec la santé et le bien-être des populations urbaines ? La réponse est largement affirmative, si on se dégage de la vision selon laquelle la responsabilité de la santé incombe au seul système de soins. Vous voyez ci-contre deux exemples, d’abordt par l’évaluation des bénéfices des écosystèmes, au RU, qui a permis de mesurer l’impact de la qualité paysagère de ce que l’on voit par sa fenêtre et sa traduction en termes de réduction de consommation de soins. Le second exemple, en provenance de la ville de Séoul, où il a été décidé de redécouvrir la rivière qui la traverse. La figure compare l’avant et l’après et montre la fréquentation des nouvelles berges. Bien évidemment, les bénéfices, au delà des loisirs/détente, portent aussi sur la réduction des déplacements automobiles et l’amélioration en matière de bruit et de pollution atmosphérique.

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Notes

[1Il faudrait dire que ceux-ci ne sont pas nécessairement nouveaux, dans le sens où les concepts sont connus depuis longtemps, mais leur prise en compte est de plus en plus mentionnée

[2Ca ne signifie pas que nous pouvons l’aborder

[3Particulièrement développées au Royaume Uni et qui commencent à essaimer en France

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