Définition du problème

Du nouveau vin, mais toujours dans de vieilles outres !

Face à des problèmes persistants (concentration de pauvreté) ou de (relativement) nouvelles priorités (les inégalités sociales de santé et la ségrégation socio-spatiale), l’action publique cherche à se renouveler dans les discours et objectifs, en maintenant sa culture historique, celle des injonctions, des informations/mots d’ordre reçues par le haut.
Déployé comme un prêche de santé publique, pourtant critiqué pour sa mauvaise assise théorique et son inefficacité (il est plutôt inducteur d’inégalités), il ne suffit pas de le renommer pour accéder à la nouveauté et espérer produire plus de santé/bien-être.
Surtout, il est défendu comme seul possible, relevant des données probantes de la santé publique, qu’il faut communiquer aux citoyens, sans se poser la question de son impact, son appropriation, de sa valeur éthique et, in fine, passer par une meilleure compréhension des attentes des citoyens, leurs savoirs, leurs manières différentes de comprendre le monde…
Les recettes stéréotypes deviennent incontournables et les comportements des citoyens deviennent la cible : ne faites pas ceci (alcool, tabac), faites tant d’activité physique par jour (mais est-ce que le lieu est favorable à l’activité physique ?), manger au moins cinq légumes par jour (sans considérer l’accès à une alimentation de qualité, rendue plus difficile par les prix), etc. Outre son côté infantilisant, ceci relève encore de l’individualisme méthodologique (voir aussi ), totalement compatible avec les idées néolibérales, du renvoi à la responsabilité de chacun, mais orthogonale aux principes de la Promotion de la santé.
Rappelons que les individus et leurs groupes sociaux présentent une diversité de perceptions, d’attentes, des priorités variables et toutes potentiellement légitimes, à moins de concevoir des règles de vie rigides, qui s’imposeraient à tous. De la même façon, un projet urbain ne se limite pas à son enveloppe physique et si celle-ci a une certaine influence sur son fonctionnement social elle ne le détermine pas. L’appropriation par les populations des multiples opportunités générées par le projet est une condition nécessaire pour sa réussite en termes de bien-être et santé. Il s’agit bien de rendre les citoyens aptes à s’emparer de leurs vies et préserver leur santé et non de les considérer comme des usagers passifs de services publics. Si nous nous sommes focalisés sur le cas de la France, nous aurons l’occasion de montrer des expériences différentes, au Québec et aux Etats-Unis, où le développement et l’organisation communautaire sont des domaines florissants.

« Cities have the capability of providing something for everybody, only because, and only when, they are created by everybody »
Jane Jacobs, Death and Life of Great American Cities, 1961

Poser une question

Plan du cours

SPIP3  Mise à jour : le 1er juillet 2020 | Chartes | Mentions légales | A propos