Définition du problème

L’avantage sanitaire urbain, de quoi s’agit-il ?

La Santé publique base cette affirmation courante sur des études qui se focalisent sur certains indicateurs. Comme le montre la première figure ci-contre, une enquête sur la santé perçue semble conforter l’avantage sanitaire urbain et ce, dans l’exemple fourni, quelque soit la culture ou l’appartenance ethnique. Bien entendu, il faut aussi faire le constat que moins de blancs déclarent une santé tout juste acceptable ou moins, par rapport aux hispaniques ou aux noirs-américains, ce qui nécessiterait une analyse plus poussée. L"explication fourni par la santé publique repose sur la conception qui privilégie l’accès à des services (dont le soin), divers et de qualité, plus facilement assurés en ville qu’à la campagne. Mais alors qu’est ce qui a suscité la fuite des classes moyennes et l’étalement urbain que nous aborderons plus loin ?
La deuxième figure montre une situation plus contrastée, dès lors que l’on dépasse l’analyse moyenne des bénéfices. Non seulement les bénéfices sont plus grands en fonction du statut socio-économique, mais la structure des pathologies change, avec des pathologies majoritairement transmissibles pour les populations défavorisées et des maladies chroniques non transmissibles pour les plus aisés. Cependant, cette présentation compositionnelle ne devrait pas masquer le fait que les populations défavorisée vivent la double peine, car plus sujettes à l’obésité et au diabète (ce n’est que des exemples), tout en présentant des incidences accrues de certains cancers (nous y reviendrons), autant de pathologies non transmissibles. Notons aussi que nous n’avons mis en avant que des indicateurs de santé physique (pathologies associées au milieu urbain), ce qui ne s’étend pas nécessairement au bien-être dans son milieu de vie. Ces considérations devraient aussi nous faire réfléchir, d’une part sur le maintien (SIDA p.ex.) ou la ré-émergence de certaines pathologies comme la tuberculose, clairement associée à l’exclusion sociale. N’oublions pas que la ville est le lieu de concentrations accrues de pollutions et nuisances, qu’elle offre une attractivité pour certains mouvements migratoires et qu’elle peut aussi présenter des secteurs paupérisés, difficiles à traiter. En somme, le sanitaire, le social et l’environnemental se trouvent fortement imbriqués.
Nous ne pouvons non plus nous inscrire dans la suite des organismes internationaux qui produisent des statistiques sur la concentration urbaine de la population mondiale (en Europe plus de 70% de la population vit dans des villes), présentée comme une tendance inéluctable. La croissance des villes du Sud, que nous appellerons pathologique, avec leurs vastes étendues de bidonvilles, alimentées par des mouvements de migration, exode rural compris, doit aussi nous alerter. L’aménagement équilibré du territoire ne peut oublier la ruralité, reléguée à un statut de désert. Les liens ville-campagne doivent être repensés et ceci ramène la question de l’accès à la ville des populations plus périphériques, sans oublier que les terres productives nécessitent aussi de tenir compte des conditions de vie de ceux qui assurent la production agricole.
Certes, l’avantage sanitaire urbain pourrait peser dans la balance, mais nous sommes loin d’avoir fourni des éléments pour juger de ce qu’est « la ville où il fait bon vivre ». Le meilleur accès à des services divers, y compris les soins ou la culture et une certaine concentration d’activités économiques (disponibilités d’une diversité d’emplois), ne doit pas nous conduire à négliger les problèmes posés par des approvisionnements de toute sorte et puis l’export des déchets, les entraves à la mobilité, etc.

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L’avantage urbain en matière de santé déclarée
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Une situation plus contrastée en fonction du statut social

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