Urbanisme et obésité

Aménager des ouvertures, penser la densité des destinations

Dans les pages précédentes nous avons mis l’accent sur la mobilité, mais pour aller où ? Qualité esthétique et sécurité restent des éléments importants, mais les destinations aussi. Sur le plan utilitaire, les commerces et services représentent une large part de ces motifs (figure 1). La littérature internationale cite la densité des destinations comme déclencheur de ces mouvements. En clair, on ne marchera pas vers la Poste si ceci implique de rebrousser chemin et marcher, dans une autre direction, pour faire ses courses. La mobilité est très dépendante de la conception de la ville et la connectivité des rues y contribue. Les urbanistes la mesure en comptant les croisements et plus leur nombre augmente, plus les gens ont tendance à marcher. Le cas de la ville de Tokyo est souvent présenté comme exemplaire (figure 2). Cette généralité ne doit pas masquer les différences culturelles et d’autres paramètres qui peuvent aussi se révéler influents. Ainsi, j’ai cité la ville de Montréal comme relativement compacte [1]. Elle bénéficie d’un métro, plutôt minimaliste et ne couvrant pas la totalité de la ville. Tout visiteur n’a pu que s’étonner de la propension des montréalais à marcher et pas que sur des courtes distances. La pratique du vélo est conséquente, même si la longue période hivernale ne la favorise pas. Surtout, l’offre en termes de commerces locaux est remarquable, malgré l’omniprésence des centres commerciaux en périphérie.
Pour adopter les pratiques de mobilité active, il ne faut pas seulement penser aux destinations, mais aussi aux parcours et l’incitation que ceux-ci offre à la flânerie, du temps perdu pour certains technocrates qui soutiennent l’intensification de la ville ! Le ressourcement et les loisirs viennent compenser les pressions de la vie quotidienne et ceci nécessite l’aménagement d’espaces agréables, comme les parcs et jardins [2]. Ménager des espaces et des ouvertures permet aussi d’alléger l’impression pesante des buildings et autres rues, bordées de rangées de bâtiments.
La verdure est le principal remède pour les ilots de chaleur urbains, qui rendent la vie inconfortable, en période estivale, Certes, en certains lieux, la modification de l’albédo passe aussi par des chaussées au revêtement plus clair, mais l’attraction de la verdure est autrement plus puissante. Toujours dans le sens des ambiances agréables, la présence de l’eau s’avère également très attractive. Je ne vais produire ici des explications psychologiques, le constat de l’attrait du waterfront est quasi-universel. De plus, l’eau tempère les excès de chaleur, avec comme seul concurrent l’ombre des arbres et la végétation. Le succès du parc de Bercy (dans le XIIème arrondissement), associant végétation et eau, en est le témoignage [3]. Le cas de la rivière Cheonggyecheon à Séoul (figure 3) montre la fréquentation des berges, jour et nuit.
En résumant, il y a un mode de vie urbain, souhaitable, basé sur une mobilité active, mais au sein d’une ville qui le favorise, par la diversité de l’offre, de commerces, de services, de culture et autres d’aménités, accessibles autour des lieux d’habitation.

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Notes

[1Êlle adopte le design classique américain, avec le réseau de rues en moule à gaufres, simple et reposant sur le seul paramètre de l’espacement ou, vu autrement, la dimension des pâtés de maisons

[2Nous reviendrons sur les bénéfices sanitaires des espaces verts dans un autre cours

[3La popularité du parc n’a pas empêché les technocrates de proposer sa destruction pour construire une seconde Arena de Bercy à la place !

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