Urbanisme et obésité

Un aspect oublié : les inégalités sociales et leurs impacts sur la santé

Bien souvent nous sommes confrontés à des propositions, celles des multiples professionnels qui interviennent dans l’aménagement urbain, qui conçoivent la population bénéficiaire comme composée d’individus moyens. Je ne sais encore ce que représente cet habitant urbain générique, que nous avons du mal à retrouver dans nos enquêtes en immersion dans les quartiers. Chaque population est diverse sur les plans, culturel, économique et social et sa composition peut refléter des tendances historiques (politique de logements, besoins économiques, mais aussi gentrification, ségrégation, comme conséquences des interventions successives et de l’évolution de la société).
Nous ne pouvons continuer sans faire référence aux inégalités sociales de santé, telles qu’exposées dans le cours sur les déterminants sociaux de la santé. Ainsi, de très nombreuses publications insistent sur la distribution sociale de l’obésité, plus prononcée pour les populations défavorisées. La première figure ci-contre, présente la relation entre la prévalence de l’obésité et un proxy du statut social, abordé comme le nombre d’années études. On constate que l’obésité passe, de plus de 20% pour ceux qui n’ont pas fait d’études, à 8% pour ceux qui ont obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur. Ce que la figure apporte de plus est l’effet contextuel, qui montre que l’effet social est exacerbé par la composition sociale du quartier. Globalement, l’effet de la défaveur est maximal pour toutes les catégories basées sur les parcours éducatifs, quand la composition moyenne du quartier est la plus défavorable (barres jaunes des histogrammes).
Une hypothèse que nous pouvons émettre, est que, plus les quartiers sont favorisés, plus l’offre alimentaire et la qualité environnementale sont elles-mêmes favorables. La deuxième figure montre deux tendances retrouvées en Ile-de-France : 1) l’offre en espaces verts diminue avec le statut social des quartiers ; 2) la densité de l’offre de restaurants fast-food augmente avec la défaveur. Il ne faut pas tomber dans le piège et faire la corrélation entre fréquentation des fast-food et l’obésité. Leur présence repose aussi sur une demande, qu’il conviendrait d’analyser.
Pour revenir à l’offre alimentaire, une autre étude nous apporte des éclairages. La troisième figure montre la corrélation entre l’obésité et le fait de faire ses courses dans des supermarchés hard-discount. Les résultats, retrouvés en région parisienne ou aux USA, sont surprenants : faire ses courses dans des hard-discount est corrélée à une augmentation de l’obésité, mais pas pour la catégorie la plus favorisée, que nous pourrions interpréter comme conséquence de la capacité à choisir une alimentation plus favorable. Un nouveau paramètre apparait comme incontournable, la mixité sociale, que nous ne pouvons limiter à une composition abstraite, mais qui reposera sur le fonctionnement social du quartier et la capacité de bénéficier de manière équitable de l’offre disponible, quelque soit le statut social.

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