Soutenabilité et bien-être

Qu’est-ce que la ville soutenable

De par l’analyse historique que nous avons tenté, un modèle de ville soutenable ne semble pas avoir émergé dans le passé. La définition normative du développement durable, telle que proposée par le rapport Bruntland, nous a-t-elle offert des éclairages nouveaux ? Depuis 1987, le sujet est sur le devant de la scène, mais les approches sont plus que diverses, elles frisent la cacophonie. Nous n’avons pas l"ambition d’approfondir outre mesure les différents courants, juste soulever un nombre de problèmes que posent les approches sectorielles. Ainsi, deux cas peuvent être mentionnés : l’approche par l’énergie et celles des écoquartiers.
L’appel pour la densification de la ville, repose sur une publication princeps [1], qui a proposé de mettre en relation la densité des villes et leur consommation énergétique (figure 1, gauche). Pourtant, la corrélation est tirée pour l’essentiel par les villes nord-américaines, au design et à l’histoire qui leurs sont propres. Quand la relation est limités aux villes européennes, la corrélation perd beaucoup de son poids (figure 1, droite). Parfois les technocrates, qui ne disposent d’aucune sensibilité pour ce qui fait bien-être et semblent ignorer les mouvements hygiénistes, ils ajoutent à la densification, l’intensification de la ville, comprise comme accélération de l’ensemble des flux et échanges...
Tout ceci évite l’idée qu’une ville soutenable ne saurait exister contre le bien-être de ses habitants et relèguent toute réflexion alternative au rang de romantisme. Surtout, ces visions passent sous silence toute considération liée à la soutenabilité sociale, parent oublié du développement durable des ingénieurs. Enfin, nous semblons avoir oublié les mouvements contradictoires qui ont alimenter les ségrégations et l’étalement urbain, car bien des populations restent en quête d’une maison plus grande, de l’accès à la verdure et la tranquillité de la campagne (modèle calqué sur le rêve américain - figure 2), aux bénéfices du marché foncier et immobilier, peu soucieux de soutenabilité.
L’émergence du concept d’écoquartier, qui reprend aussi des idées des promoteurs des cités-jardins [2]. Bien que dans ce domaine aussi des conceptions diverses ont été proposées, notons que nombre de projets privilégient certains aspects, plutôt environnementaux, et ne les conçoivent pas toujours comme des réponses intégrées. Deux exemples peuvent être cités :
- Des propositions qui privilégient la performance énergétique, négligeant la dimension sociale, exprimée potentiellement par une prise en compte de la mixité sociale ;
- D’autres qui se basent sur la qualité environnementale, sans référence à leur insertion dans un tissu urbain (accès aux transports, services et emplois), utilisant le label comme un argument de vente, quelque soit sa localisation.
Loin de moi toute tentative de généralisation abusive. Je ne fais que planter le décors, de par mon expérience, au contact d’aménageurs et d’élus locaux.

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Voir en ligne : Voir aussi un article sur le cas du Québec

Notes

[1Newman and Kenworthy, de 1999

[2Ils étaient bien plus préoccupés du bien-être, mais ils n’avaient pas encore rencontrés les enjeux modernes et, singulièrement, les crises énergétiques et le dérèglement climatique

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Le pavillon individuel, du rêve américain aux lotissements stéréotypes du modèle banlieusard français

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