Soutenabilité et bien-être

La ville compacte, un concept peu clair...

S’il est possible de comprendre l’appel à la densification, comment allons nous aborder ce qu’est la ville compacte (définition, caractéristiques, limites) et les réponses qu’elle apporterait face aux multiples enjeux actuels ? Il n’y a toujours pas le début d’une définition acceptée de la ville compacte. Quelles seraient les bornes inférieures et les limites que nous ne pourrons dépasser et comment les définir ? Sans remettre en cause le bénéfice énergétique, les données en faveur de la soutenabilité de la ville compacte restent limitées et équivoques :
- Les données sur la relation entre compacité et cohésion sociale sont ambiguës, mais celles qui ont étudié l’effet de la densité ne manquent pas (sentiment d’étouffement ou d’arasement, surtout dans un contexte d’immeubles en hauteur ;
- La relation entre mobilité et compacité ne se retrouvent pas partout et notamment en Europe ;
- Plusieurs autres facteurs ont été mis en avant, mixité fonctionnelle, formes urbaines et connectivité, diversité et densité des services et aménités, mais nous devons tenir compte des héritages, car nous ne pouvons pas imaginer de nouvelles interventions de type haussmannien.
Les arguments contre la densité ne manquent pas, comme en témoignent les données exposées dans les deux figures ci-contre. Face à la possible augmentation des températures, en particulier estivales, nous devons tenir compte des ICU et leurs conséquences tant sur le confort thermique (le souvenir de la canicule de 2003 doit rester présent), que les épisodes de pollution estivales (problématique de l’ozone). J’y ajouterais les cas d’inversions hivernales, associées aux journées ensoleillées, de décembre à mars, par exemple, et qui ont constitué l’essentiel des épisodes de pollution majeure des dernières années, en tout cas à Paris. Une tentative de lister les avantages et inconvénients de la ville dense, est présenté sur la figure 3 [1]
Pour pouvoir avancer sur ce plan, nous serons obligés de décortiquer le problème posé par la ville soutenable et, surtout, abandonner toute approche sectorielle. La réduction de la consommation énergétique restera en filigrane, mais elle doit être abordée au travers d’un schéma d’ensemble, là où les économies sont possibles et non à une échelle macro et basée sur un seul paramètre, la densité. Les espaces ouverts favorisent la dispersion des polluants, mais ceci n’est pas une manière d’éluder la diminution des émissions. Les choix portant sur des, soit-disant, énergies renouvelables, ont aussi montré leurs limites, avec les problèmes posés par la bois-énergie, génératrice de polluants à des niveaux inacceptables en milieu urbain. Une réflexion sur de nouvelles manières de traiter la mixité fonctionnelle, l’accès aux transports publics et à la mobilité active, mais aussi aux services et aménités, doit bénéficier de cadres nouveaux, y compris des obligations réglementaires, qui parfois existent aujourd’hui, mais ne sont pas mises en œuvre, pour toutes une série de raisons à étudier dans le détail.

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Notes

[1Elle n’aborde que des paramètres environnementaux, les autres seront traités dans la suite

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