Soutenabilité et bien-être

Définir de nouvelles fonctions, comme alternatives à la densification

Evitons, tout d’abord, toute tentative de rechercher un modèle optimal. car celui-ci provient encore de la vision des ingénieurs et s’appliquerait aux artéfacts qu’ils produisent et non aux systèmes socio-environnementaux que nous essayons de privilégier dans l’ensemble des cours. J’ai déjà insisté sur le fait que, les villes mêmes dont nous avons étudié les caractéristiques, n’étaient pas que le produit d’une planification rationnelle. Le mode de vie banlieusard a été développé dans la quête de la recherche d’un cadre de vie plus agréable. Il a bénéficier de tendances, mais ne peut être posé comme contrôlé. Au contraire, il a échappé à tout contrôle et nous ne savons pas aujourd’hui comment endiguer l’étalement urbain.
La culture planificatrice des technocrates français, véhicule l’illusion que les modes d’occupation de la ville dépend des décisions par le haut. Si nous portons le regard sur l’international, cette croyance est battue en brèche. Les jardins communautaires, aux Etats-Unis, ont été créés par des mouvements citoyens et des occupations de friches, résultat de la crise industrielle des années 1960-70. Ce fut l’intelligence des municipalités successives qui a permis leur institutionnalisation. Le premier de ces jardins, en plein cœur du bas Manhattan, est devenu un quasi-musée de plein air (figure n° 1). Une autre occupation, initialement illégale, est à l’origine de la plus grande ferme urbaine sur les toits : la Brooklyn Grange Farm, considérée aujourd’hui comme ayant atteint son modèle économique pérenne (figure n° 2). Depuis lors, le mouvement des jardins communautaires ne cesse de se développer, avec le soutien de la municipalité. Sur le site de Green Thumb [1], une émanation municipale, conçue comme interface avec les groupes communautaires, plus de 600 jardins sont répertoriés. Nous ne pouvons ici éviter une comparaison avec la France, qui évite soigneusement le qualificatif de communautaire [2], lui préférant les jardins familiaux ou, plus récemment, les jardins partagés. Dans chaque cas, il faut analyser la place du jardin dans le lien social, préexistant dans l’approche communautaire (les habitants d’un lieu sont organisés en communauté, partagent des valeurs), pouvant se développer dans l’approche dite partagée. Nous y reviendrons ailleurs.
Sans vouloir multiplier les exemples, on ne peut non plus ignorer le cas de Montréal, où la culture des jardins et des potagers bénéficie de la plus grande inventivité, à l’initiative de centres sociaux dans les quartiers, de groupes d’habitants, d’organisations citoyennes, dans tous les cas avec l’appui des municipalités de secteur. Des exemples sont visibles sur le site du Carrefour alimentaire de Montréal, accessible par le lien sur cette page. La figure n° 4 affiche la carte interactive, issue du site d’Agriculture urbaine Montréal.
Terminons donc avec la vue d’ensemble qu’amène la figure n°5. Elle affiche l’ensemble des bénéfices de la création d’espaces ouverts, en milieu urbain, une stratégie gagnant-gagnant prototypique. Les espaces ouverts s’avèrent multifonctionnels et devraient être positionnée en tant que tels dans les politiques municipales, qui ne sauraient éviter désormais l’action en transversalité.

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Voir en ligne : Agriculture urbaine à Montréal

Notes

[1L’exression est parfaitement analogue à celle de « main verte » en français

[2Un problème culturel ancien et qui nécessite lui-même une explication historique

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