Soutenabilité et bien-être

La ville comme système complexe

La notion de complexité n’est pas toujours bien comprise. Elle n’exprime pas un vague caractère compliqué, d’une définition, d’un ensemble d’éléments, ou de relations qui composent un objet immuable. Il s’agit d’une posture épistémique qui se réfère aux propriétés de ces systèmes :
- Non-linéarité (asymétrie entre explication et prédiction) ;
- Capacité de réarrangements avec émergence de nouvelles propriétés.
Il s’agit encore une fois de privilégier une approche systémique et de tenir compte de l’instabilité de notre système. Comme disait C.S. Holling [1], l’état par défaut d’un système est le changement et non la stabilité, ni même l’équilibre. Les remarques qui ponctuent les cours sur l’imprévisibilité des réarrangements et des trajectoires de transition deviennent, je l’espère, plus claires.
Nous pouvons représenter cette complexité, par des diagrammes conceptuels, qui cherchent à montrer, non seulement les éléments saillants, mais aussi comment ils s’organisent dans des réseaux causaux. Le premier exemple, tiré d’un article de fond sur la santé urbaine, ne doit être pris que comme une proposition, parmi plusieurs et non comme une référence. Il est centré sur les bâtiments. Le second et le troisième essayent d’étudier les aspects propres à un secteur (assainissement et transports), en fonction des inputs considérés. Rien ne nous empêche d’extraire des parties et d’analyser un déterminant particulier (par exemple la qualité de l’air intérieur), à partir du moment où l’on devient conscient de la nécessité, à chaque fois, de définir les conditions aux frontières de notre système réduit, qui entretient des échanges avec l’extérieur (ressources, polluants ou déchets, voire informations).
Le quatrième schéma, vise plus la mise en évidence des multiples champs d’application des politiques locales. Il est centré sur la qualité de l’air, mais nous voyons l’ensemble des domaines connexes et leurs influences respectives, y compris au travers de choix spécifiques (bulles), qui s’avèrent synergiques ou antagonistes. Ainsi, pour prendre des exemples, le passage à des véhicules propres, peut améliorer la qualité de l’air, mais pas la congestion et ne favorise pas la mobilité active. Toutes les propositions qui figurent sur le schéma, ne sont pas à prendre en compte. c’est plus le principe des interrelations complexes, sur lequel il convient d’insister et qui pourraient apporter des inspirations pour la réorientation de l’ensemble des politiques, qui auraient alors des bénéfices sur tous les plans et non seulement pour la qualité de l’air.
Pour finir, on ne peut passer outre la complexité (dans le sens plus courant cette fois) des tâches administratives et institutionnelles. Toujours dans l’exemple bien français et très bureaucratisé, la dernier schéma indique à quel point la production de planifications pour l’aménagement, peut être compliquée. Rien que pour les documents d’urbanisme (ici est affiché le cas de la région Ile-de-France), il y a pas moins de 7 directives et quelques 8 lois, en plus du code d’urbanisme, dont il faut tenir compte. Les liens de conformité ou compatibilité des différents plans sont également indiqués. Attention, de nouveaux textes viennent modifier les dénominations et acronymes correspondants, année après année, ce qui rend très difficile la mise à jour de ce type de schéma. Il faut le prendre à titre indicatif.

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Notes

[1Grand écologue et inspirateur des approches systémiques, y compris des socio-écosystèmes

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