Soutenabilité et bien-être

Promouvoir des politiques intégrées

Nous avons, à plusieurs reprises, insisté sur la nécessité de coopération intersectorielle afin de soutenir un effort plus intégré dans la construction des politiques [1]. En somme, en examinant les politiques et en essayant d’en rapprocher l’action, au travers de leurs effets potentiels sur la santé et le bien-être des populations, comme finalité commune et quelque soit le secteur au départ, on recherche à maximiser les synergies et éviter les antagonismes. Sur le plan théorique, ceci peut sembler simple, mais, sur le terrain, les habitudes passées, les méthodes de travail un peu figées et difficiles à faire bouger, les pressions pour produire des documents, rapports et propositions, à temps, ne facilitent pas le changement des modes de travail. De ce fait, nous essayerons ici de parcourir quelques exemples pratiques.
Les démarches sectorielles (transports, énergie, logement, environnement, action, sociale, éducative, économique, etc.) conduisent à séparer les enjeux pour chaque cas, en négligeant les multiples interactions et le caractère systémique des effets de chacune. En se focalisant, d’emblée, sur l’ensemble des enjeux concernés, nous visons un double bénéfice : 1) la recherche des possibles interactions, permet de mieux identifier les cas où des arbitrages seraient nécessaires, dès le départ ; 2) en mettant en évidence effets directs et indirects, on révèle l’ensemble des retombées, que nous pourrions appeler bénéfices (directs) et co-bénéfices (indirects), qui deviennent autant d’arguments en faveur des options à retenir. L’exemple qui vous est fourni sur la figure n° 1 porte sur les transports. Il met en exergue les multiples bénéfices de la priorité accordée aux transports publics et la promotion des mobilités actives. Aux réductions d’émissions de polluants et aux retombées sanitaires correspondantes (de l’activité physique et ses bénéfices, à la baisse des maladies cardiovasculaires), s’ajoutent des bénéfices potentiels sur le plan social (ce qu’exprime le capital social) et, surtout, la baisse des coûts d’entretien des infrastructures, du fait de la réduction de la circulation automobile, d’où une accidentologie améliorée.
Le second exemple, trouve son origine dans les choix liés à l’assainissement. En se limitant à la seule obligation d’améliorer les rejets des eaux après leur traitement, on peut se cantonner aux options liées à une station d’épuration. Le schéma de la figure n° 2 invite, au contraire, à revisiter la production d’eaux usées en même temps que d’autres déchets (ici les fermentescibles de la poubelle ordinaire) qui peuvent être comme on dit couramment valorisés. Bien sûr ceci impacte les choix des process en amont, tant sur la collecte que les circuits, afin de soutenir au maximum des options vertueuses, ici énergétiques (méthanisation des déchets solides) et alimentaires (arrosage de productions maraichères avec les eaux grises, mais aussi possibilité d’utilisation des eaux pluviales, dont il faut prévoir la captation appropriée).
Il nous reste à examiner comment tout ceci influence l’organisation du travail et comment agents et acteurs institutionnels peuvent agir de concert, alors que l’action se distribue sur différents niveaux. Pour ne prendre qu’un exemple, l’action qui vise l’amélioration de l’état sanitaire de populations locales, doit intégrer le niveau individuel (campagnes d’informations), les groupes sociaux concernés [2], mais aussi les acteurs institutionnels plus largement impliqués dans les niveaux méso (communal) ou plus macro. Ces remarques, de bon sens, ne sont pas un luxe, tant l’évolution bureaucratique (priorités aux procédures administratives) que technocratiques (on s’attache plus aux aspects technoscientifiques, soit la virtuosité plutôt que la vertu), qui tous conduisent à privilégier les moyens [3] plutôt que les résultats.

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Notes

[1Nous pourrions aussi évoquer ici l’approche appelée Santé dans toutes les politiques, qui sera expliquée plus en détails ailleurs

[2Nous pourrions parler de communautés, avec la restriction, déjà mentionnée, de la compréhension de ce qui relève de l’action communautaire

[3La culture historique de l’administration française est celle des moyens, alors que les traités européens ont introduit l’obligation de résultats, ce qui a généré plusieurs contentieux tranchés par la Cours de justice européenne

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