Soutenabilité et bien-être

De la ville soutenable à la ville résiliante

Vivre dans un monde qui change ne peut se cantonnée à de vagues appels à l’adaptation, pour y faire face. Se préparer à des surprises ne peut se limiter à une réflexion sur les vulnérabilités [1] qui se basent sur les expériences passées. La résilience exprime une propriété systémique (ou un ensemble de propriétés), mais il reste polysémique, du fait de son utilisation dans différents domaines et disciplines (psychologie, résistance des matériaux, écosystèmes, mais aussi catastrophes naturelles). Pour voir en pratique ce que la résilience apporte de nouveau, nous nous baserons sur le cas de New York, où nous avons mené une enquête, tant auprès des services municipaux que sur le terrain. Précisons que New York est exposée régulièrement à des ouragans et tempêtes tropicales et leurs conséquences occupent les esprits, tant de la municipalité que des citoyens.
L’examen d’une série de documents, soit produits par la collectivité et ses émanations, soit par le réseau, très dense, d’organisations non gouvernementales ou communautaires révélait un fait frappant : la résilience se disait de tout, du trait côtier, des infrastructures, des parcs ou jardins et, finalement, des communautés locales elles-mêmes. Les acteurs ont confirmé l’importance qu’ils voyaient dans le terme, son sens positif et très en lien avec la culture américaine du « bounce back », cette confiance en ses capacités de rebondir, face à tout choc subi. En somme, la résilience, en tant que finalité, donne du sens à l’action, peut-être plus que la soutenabilité, concept plus abstrait. En outre, nous avions remarqué que le Bureau de la soutenabilité, mis en place par le précédent Maire, avait été renommé, après le passage de l’ouragan Sandy en octobre 2012, en Bureau de la récupération et la résilience. Surtout, il était remarquable que bien des actions initialement conçues pour la soutenabilité, étaient maintenant sous la finalité chapeau de la résilience (le cas des actions de verdissement de la ville, y compris la plantation d’arbres) ou celles portant sur une meilleure gestion des écoulements (des exemples sont présentés sur la figure n° 1). En somme, la résilience avait permis de générer des connexions, des convergences.
La spécificité la plus remarquable de l’action new-yorkaise portait sur la priorité accordée aux approches écologiques plutôt que techniques (digues, barrières ou toute protection en matériaux inertes). les exemples présentés sur la figure 2 le démontrent et peuvent se synthétiser par deux principes :
- Les infrastructures naturelles apportent des services écosystémiques quotidiens, au delà de leur rôle de protections [2] ; loisirs par exemple pour les parcs, éducation pour le Centre des marées, intégré dans le mur de protection de la pointe de Manhattan [3] ;
- La multiplicité des méthodes écologiques ou productives (d’où le qualificatif de livelines sur la figure 2), visaient le principe de la complémentarité, mais aussi de la redondance ; chaque solution pouvait apporter une contribution, même si chacune isolée ne pouvait assurer la sécurité.
Une autre modalité, favorisée dans la Jamaica bay [4], où une mobilisation massive de la population s’est associée à l’action publique, pour reconstruire des ilots de sable, stabilisées par une végétation appropriée (figure n° 3, servant de brise-lames). L’implication communautaire et l’accompagnement de la collectivité dans le sens de leur empowerment constituait une des pierres d’angle de la politique municipale, se que traduit l’appel du Maire à soutenir des communautés vibrantes [5], comme pré-condiition pour le développement de leur résilience, partie essentielle de la résilience de la ville elle-même.

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Notes

[1Le terme est souvent présenté comme l’inverse de la résilience, ce qui est conceptuellement discutable

[2Face aux catastrophes qui restent quand même rares

[3Je vous encourage à regarder les propositions au concourt, organisé dans ce sens, grâce au lien internet qui figure dans la légende

[4Il faudrait consulter une carte pour se rendre compte de son importance stratégique

[5L’expression se retrouve tant dans les documents officiels que des coupures de presse

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