Quelques mots de conclusion, bien nécessaires

Au bout de se long cheminement, à travers différentes dimensions, nous sommes loin d’avoir épuisé le sujet de l’urbanisme favorable à la santé. Même si nous avons abordé des conséquences négatives de l’aménagement suiviste [1], celui qui est soumis au dictats de l’économie (mais de laquelle) et qui néglige les conséquences économiques, environnementales et sociales, sans oublier le bien-être, à plus long terme, les solutions ne sont pas encore à notre portée. Néanmoins, nous avons esquissé certaines pistes, par l’appel à l’action intersectorielle et conçue à la croisée des enjeux, comme instrumentales pour affronter les problèmes pernicieux qui nous préoccupent.
Positionner le bien-être comme finalité indispensable, ne peut évacuer les considérations du développement durable et le dérèglement climatique, déjà à l’&oeliguvre et des retombées attendues dans les décennies à venir, ce qui concernerait déjà les générations actuelles. Il nous faut concilier soutenabilité et bien-être. L’exemple de New York, nous fourni aussi de l’inspiration sur la manière de bénéficier du caractère mobilisateur et producteur de convergences du concept de résilience. Pour en voir la portée, je citerai ici les propos de l’adjointe à la Maire de Paris en charge de l’environnement et du changement climatique, Célia Blauel. Lors d’une entrevue portant sur les leçons apprises au travers de l’élaboration de la stratégie d’adaptation (processus piloté par la municipalité) et celle de résilience (processus parallèle, mis en œuvre par un financement et selon une méthodologie de la fondation Rockefeller, elle a insisté sur sa compréhension du concept de résilience (un éclair en quelque sorte), face aux réactions de la population parisienne dans la suite des attentats de novembre 2015. J’y vois encore une preuve s’il en est des connexions que le concept de résilience permet de faire. De ce fait, la stratégie de la résilience parisienne, met en avant avec force (c’est le premier axe) la société, sa cohésion et la contribution de la société civile, un fait pas si courant dans la logique sociopolitique qui gouverne l’action publique française (historiquement souvent dirigiste, top-down) et qui ne figurait pas en tant que telle dans les documents d’adaptation [2].
Si soutenabilité et bien-être pouvaient se conjuguer par la prise en compte de l’ensemble des enjeux (voir aussi le schéma des déterminants organisés selon les enjeux du développement durable), la résilience exprime aussi ou, mieux encore reflète la confiance en l’avenir, même si celui-ci est incertain, la foi en sa capacité de rebondir malgré les chocs inévitables. A ce titre, elle ne peut que faire partie de ce qui détermine le bien-être psychosocial. Il reste alors la dernière facette des finalités de nos interventions, avec l’implication communautaire, comme le montre le cas de New York. Nous pouvons désormais concevoir un urbanisme qui développe les opportunités bénéfiques, dans le sens de communautés inclusives [3], soutenables, résiliantes et en santé.
Citons, pour finir, les mots de Robert Ezra Park [4] : « La ville est quelque chose de plus qu’une agglomération d’individus et d’équipements collectifs. La ville est plutôt un état d’esprit, un ensemble de coutumes et de traditions, d’attitudes et de sentiments organisés, inhérents à ces coutumes et transmis avec ces traditions. Autrement-dit, la ville n’est pas simplement un mécanisme matériel et une construction artificielle. Elle est impliquée dans les processus vitaux des gens qui la composent : c’est un produit de la nature et, particulièrement, de la nature humaine ».

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Notes

[1IL s’agit de fait de véritables pathologies de l’aménagement

[2Pour ceux qui sont intéressés, les deux documents sont téléchargeables - https://www.paris.fr/parisresilient et http://www.energie-cites.eu/db/Paris_strategie_adaptation_2016_fr.pdf

[3L’inclusivité serait une condition nécessaire, mais pas suffisante, d’une meilleure cohésion sociale, tout en permettant de revitaliser la démocratie

[4Un des fondateurs de l’Ecole de Chicago ; propos repris d’un article de 1925, ayant pour titre, La ville : propositions de recherche sur le comportement humain en milieu urbain

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