La santé revisitée

A la recherche de ce qui fait santé…

Au cours du 20ème siècle, l’approche biomédicale de la santé, s’est installée avec force, bénéficiant des progrès technologiques et influençant l’évolution du système de soins, curatif, comme je l’ai dit précédemment. A partir du moment où nous étions en mesure d’identifier les causes proximales (germes puis facteurs de risque spécifiques) et que nous disposions des armes pour les combattre (les médicaments), pourquoi élargir son regard, pour englober les causes plus distales des pathologies, sur lesquelles s’était focalisée la médecine (néo)hippocratique ? Il faudra un long moment avant que n’apparaisse, comme spécialité, la médecine environnementale, dans certains pays (Royaume Uni, Allemagne) plus que d’autres (la France étant un mauvais élève).
Attention, car la médecine environnementale reste une spécialité médicale [1], réservée au corps professionnel qui domine le champ de la santé, identifiée au seul soin. Comment traduire l’élargissement de la notion de causes en une pratique préventive, portant sur des facteurs environnementaux, sans l’implication de nouveaux acteurs, hors du soin ? En somme, quelles actions relevant de la puissance publique pourraient s’avérer bénéfiques à la santé ? Quel nouveau domaine pourrait en prendre la charge ? C’est ici que nous pouvons identifier la place qu’a prise la santé environnementale, dont les premiers pas n’interviennent que dans les années 1960 (voir, p. ex. ). Evidemment, il fallait élargir aussi le spectre des intervenants, plus seulement issus du corps médical, nous y reviendrons.
Pour autant, la santé environnementale comprend un second terme de la relation implicite qu’elle exprime, l’environnement, une notion aussi mal comprise et dont le sens peut toujours générer des controverses et l’on ne se privera pas de la commenter (voir la suite). Notons que bien des définitions de la santé, que l’on qualifie aujourd’hui d’environnementales, vont fleurir au cours des années 1950-1960 (liste ci-contre). Elles peuvent fournir des inspirations, mais ne se sont pas installées vraiment dans le paysage. Pour mieux les aborder, il faut que l’on s’intéresse aux débats, à la nouvelle compréhension des enjeux, que l’on peut suivre, des années 1960 à nos jours.
La dernière tentative marquante de produire un nouveau cadre pour la santé, sera celle qui aboutira à l’élaboration de la Charte d’Ottawa, en 1986 et lancera une nouvelle approche, celle de la Promotion de la santé [2]. Elle sera au centre de nos préoccupations, dans la 3ème partie des cours. Disons rapidement, que celle-ci consiste à inverser le point d’entrée, en ne se limitant pas à des stratégies défensives (réduire ou gérer les risques, un par un), mais posant le principe d’une action proactive, en faveur d’une santé, non plus comprise comme un but en soi, mais comme moyen de réussir sa vie. Plus qu’une simple philosophie de l’action, elle est porteuse d’une vision sociétale, en rupture avec l’approche positiviste conventionnelle, comme nous le verrons dans la suite.

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Notes

[1C’est un face à face entre médecin et patient individuel, par opposition à la santé publique qui aborde la santé de populations, qu’elle essaye de préserver ou promouvoir

[2Il y aura, néanmoins, des conférences et déclarations successives qui en préciseront les buts et objectifs, voire les complèteront

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