Usages et mécanismes d’actions : quelle recherche de dangerosité ?

Dossier requirements (extraits de l’annexe II de la directive 98/8/CE - sur la mise sur le marché des biocides)

- I. Applicant
- II. Identity of the active substance
- III. Physical and chemical properties of the active substance
- IV. Methods of detection and identification
- V. Effectiveness against target organisms and intended uses
- VI. Toxicological profile for man and animals including metabolism
- VII. Ecotoxicological profile including environmental fate and behaviour
- VIII. Measures necessary to protect man, animals and the environment
- IX. Classification and labelling
- X. Summary and evaluation of Sections II to IX

Pour bien comprendre la problématique à laquelle nous avons à faire face, il nous faut faire quelques distinctions préalables. Certaines substances étant par définition actives, il est normal de procéder à leur caractérisation du point de vue toxicologique. C’est évidemment le cas des pesticides, mais aussi celui des médicaments qui constituent un exemple intéressant.
Aucune catégorie de substances actives n’est aussi étroitement règlementée que les médicaments. Pour autant, les effets environnementaux n’ont été pris en compte que tardivement. L’accumulation d’un grand nombre de molécules dans les milieux (insuffisance des systèmes d’épuration, contamination des sols) est devenue une source de préoccupation (cf [TD sur les médicaments dans l’environnement]).

Nous aurons l’occasion de voir dans les pages relatives aux polluants organiques persistants que ce manque d’anticipation s’applique à de nombreuses autres substances, en particulier des pesticides. Nous retrouvons ici ce qui est une faille dans nos procédures d’évaluation des risques associés à toutes ces substances. Le DDT a été clairement étiqueté sans danger avant que son extraordinaire persistence dans l’environnement ne devienne une source d’inquiétudes. Nous pouvons aussi citer le cas de l’atrazine, dont les caractéristiques avaient été jugés favorables (faible rémanence dans les sols par exemple), avant de se rendre compte de sa stabilité et de son comportement de lente et inéluctable diffusion à travers les sols vers les aquifères. Son interdiction tardive n’est intervenue que quand une proportion importante et croissante de masses d’eaux se sont retrouvées contaminées.

Pour ce qui concerne les effets sanitaires, nous sommes face à un autre problème. La toxicité aiguë fait clairement partie de l’évaluation de la dangerosité d’une substance. Les effets chroniques sont plus difficiles à évaluer. De plus, pour concevoir correctement un modèle expérimental il faut faire une hypothèse sur le type d’effet chronique recherché. Aujourd’hui la durée requise des essais pour les pesticides est de 90 jours (parfois plus). Mais il faut souligner que dans les années récentes l’exposition aux pesticides est de plus en plus invoquée comme une cause possible des cancers.

Le cas est plus compliqué pour les substances chimiques banales (rentrant dans la composition ou la fabrication de produits d’usage courant). dans ce cas les essais de toxicité répétée se limitent à 28 jours, sauf quand il s’agit de substances commercialisés avec de très forts tonnages. Dans ces conditions, la caractérisation d’un risque chronique est a priori difficile. Prenons l’exemple d’une catégorie de substances, classée dans les plastifiants, omniprésente dans notre environnement et accumulée dans nos réserves lipidiques : les phtalates. Leur propriété de perturbateurs endocriniens, en particulier leur action anti-œstrogénique, fait qu’aujourd’hui ils seraient incriminés dans certaines malformations génitales.

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Présence de pesticides dans les eaux souterraines
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