Substances chimiques : menaces ou progrès ?

Article 2 (extrait de la directive 67/548/CEE)

  1. Au sens de la présente directive, on entend par :
    - a) substances : Les éléments chimiques et leurs composés comme ils se présentent à l’état naturel ou tels qu’ils sont produits par l’industrie ;
    - b) préparations : Les mélanges ou solutions qui sont composés de deux ou plusieurs substances.
  2. Sont « dangereuses » au sens de la présente directive les substances et préparations :
  • a) explosibles : Substances et préparations pouvant exploser sous l’effet de la flamme ou qui sont plus sensibles aux chocs ou aux frottements que le dinitrobenzène ;
  • b) comburants : Substances et préparations qui, en contact avec d’autres substances, notamment avec des substances inflammables, présentent une réaction fortement exothermique ;
  • c) facilement inflammables : Substances et préparations - pouvant s’échauffer et enfin s’enflammer à l’air en présence d’une température normale sans apport d’énergie, ou
    • solides, pouvant s’enflammer facilement par une brève action d’une source d’inflammation et qui continuent à brûler ou à se consumer après l’éloignement de la source d’inflammation, ou
    • à l’état liquide dont le point d’éclair est inférieur à 21ºC, ou
    • gazeuses qui sont inflammables avec l’air à une pression normale, ou
    • qui, en contact avec l’eau ou l’air humide, développent des gaz facilement inflammables en quantités dangereuses ;
  • d) inflammables : Substances et préparations liquides, dont le point d’éclair est situé entre 21ºC et 55ºC ;
  • e) toxiques...

L’énorme essor de l’industrie chimique dans les dernières décennies se manifeste à travers l’augmentation de la production de substances chimiques, passée d’un million de tonnes dans les années 30 à 400 millions actuellement. Plus de 100 000 substances différentes figurent sur les listes de l’Union Européenne, dont 10 000 commercialisées en quantités
supérieures à 10 tonnes et 20 000 en quantités comprises entre 1 et 10 tonnes. En 1998, la production mondiale de produits chimiques était estimée à 1 244 milliards d’euros dont 31 % à mettre à l’actif de l’industrie chimique communautaire qui enregistrait ainsi un excédent commercial de 41 milliards d’euros. L’industrie chimique de l’Union européenne était en 1998 la première industrie chimique du monde, suivie par celle des États-Unis avec 28 % de la valeur de la production et un excédent commercial de 12 milliards d’euros.
L’industrie chimique est également la troisième industrie manufacturière d’Europe. Elle
emploie directement 1,7 millions de personnes, mais près de 3 millions d’emplois en sont
tributaires. Outre plusieurs multinationales influentes, elle compte aussi quelques 36 000 PME. Ces PME représentent 96% des entreprises chimiques et 28 % de la production totale [*].

Il nous faut cependant admettre qu’en parallèle avec l’utilisation croissante de produits chimiques, il y a eu apparition de nombreuses dégradations environnementales (contamination de l’eau et de sols, bioaccumulation dans la chaîne alimentaire) et de multiples atteintes à la santé humaine, dont le scandale de l’amiante est le drame le plus souvent mis en avant. Bien que certains dangers continuent à être contestés par l’industrie et les acteurs économiques, nous ne pouvons nier l’ampleur du phénomène et la priotité qui doit lui être accorder tant pour la protection de la santé humaine que pour l’environnement. Ceci s’avère d’autant plus difficile que les risques ne sont pas toujours faciles à prévoir. Les pesticides, substances par définition actives, focalisent régulièrement l’attention, mais les dangers peuvent provenir de substances qui rentrent simplement dans un procédé de fabrication. Il faut dès lors se pencher sur des aspects spécifiques de l’exposition :
- Les circonstances d’exposition (domicile, travail : procédé industriel, utilisation - [cf TD sur l’exposition au travail]) ;
- La transformation biologique ou le mécanisme d’action (l’interaction avec un récepteur cellulaire - [cf TD sur les perturbateurs endocriniens] -, l’activation par les enzymes de détoxification) ;
- Les propriétés des substances (volatilité, liposolubilité) qui peuvent accroître les risques en modifiant l’efficacité de la contamination (cf pages sur les POPs).

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Notes

[*Données issues du livre blanc : Stratégie pour la future politique dans le domaine des substances chimiques (CE - 2001)

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