Dangerosité, toxicité et plus généralement l’impact des substances chimiques : que nous enseignent les perturbateurs endocriniens

La catégorie de substances dites, perturbateurs endocriniens (PP), nous permet d’aborder la difficulté de définir a priori la dangerosité de substances possédant une activité biologique précise. Nous aurons l’occasion de voir plus en détail que les PP ont été jugé préoccupants à la suite d’observations en apparence disparates :
- Des effets considérables sur les caractéristiques sexuelles (généralement une féminisation) de plusieurs espèces sauvages associés à des pollutions diffuses (poissons, alligators, ours polaires) ;
- Des observations épidémiologiques sur l’augmentation continue de l’incidence des troubles de l’appareil reproductif masculin (malformations, baisse de la concentration et de la qualité du sperme, cancers du testicule) ;
- Les conséquences sur les enfants nés de mères traitées pendant leur grossesse par des fortes doses d’un œstrogène de synthèse le diethylstribestrol (DES).

Nous retiendrons ici comme le CPP [1] la définition suivante, adoptée au niveau européen : Les perturbateurs endocriniens sont les substances qui, interférant avec les fonctions du système hormonal, risquent d’influer négativement sur les processus de synthèse, de sécrétion, de transport, d’action ou d’élimination des hormones. Il faut constater que l’on s’écarte ici de la formulation de l’annexe VI de la directive 67/548 qui tente de définir les substances toxiques pour la reproduction comme "Causant une atteinte de la fertilité" ou "Provoquant une toxicité développementale”.

Il découle de ces précisions que le point de mire d’une étude de caractérisation du danger des PP ne sera plus la toxicité mais l’interférence avec une fonction biologique, en l’occurrence toute la signalisation hormonale, au delà de celle impliquée dans la reproduction. Néanmoins, la plupart des substances classées comme PP possèdent des activités agonistes ou antagonistes des hormones sexuelles, œstrogènes et androgènes.

S’il est relativement facile de démontrer les propriétés pharmacologiques des substances testées (compétition pour la fixation du récepteur spécifique d’une hormone donnée), établir le lien causal entre l’exposition chronique aux doses environnementales et des états pathologiques dont nous constatons des variations d’incidences est beaucoup plus complexe.

Dans l’état actuel des choses seules les effets sur les espèces sauvages sont universellement admis. Néanmoins, le faisceaux d’arguments concernant les effets potentiels sur la santé humaine commence à s’étoffer.

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Notes

[1Comité de Précaution et de Prévention, attaché au Ministère de l’Ecologie avec un rôle consultatif

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