Indicateurs en matière de substances chimiques

La reconnaissance du risque chimique est ancienne, comme en témoigne l’introduction de la directive 67/548/CE, première directive d’harmonisation dans le domaine des produits chimiques [1]. De même, certains dangers ont donné lieu à des mesures très strictes, comme c’est le cas pour les substances cancérigènes bannis de l’alimentation (clause Delaney de 1958 aux USA).

Au fil des années de nouvelles préoccupations sont apparues, donnant lieu à des initiatives internationales d’envergure. Le cas des polluants organiques persistants, qui sera traité un peu plus loin, a fait l’objet de la convention de Stockholm, adoptée en 2001. Dans la même ligne, la convention de Rotterdam, initiée en 1998, vise à réguler le commerce international de substances dangereuses. Il n’empêche, que 90% des substances sur le marché ne sont toujours pas évaluées, entraînant des coûts sanitaires considérables. Dans l’introduction du livre blanc sur la “Stratégie pour la future politique dans le domaine des substances chimiques”, accessible dans l’espace de documentation, on lit :
[... certains produits chimiques nuisent gravement à la santé
humaine en entraînant des souffrances et la mort prématurée, et dégradent sérieusement l’environnement. Parmi les nombreux exemples bien connus, il faut citer l’amiante notoirement responsable de cancers du poumon et de mésothéliomes, ou le benzène qui provoque des leucémies, ou encore le DDT dont l’usage intensif a entraîné des troubles de la reproduction chez les oiseaux. Bien que ces substances aient été totalement interdites ou aient fait l’objet d’autres restrictions, ces mesures sont intervenues alors que le mal était déjà
fait, car les effets néfastes de ces substances sont restés méconnus tant qu’elles n’étaient pas utilisées en grandes quantités.

Clairement, la protection de la santé et de l’environnement figurent parmi les priorités affichées au niveau mondial. Pour autant, la production de l’industrie, considérée comme facteur essentiel de prospérité économique et de bien-être social en termes d’échanges commerciaux et d’emploi, continue à croître. Sur le graphique ci-contre nous constatons que la courbe de la production globale suit l’augmentation du PIB. Ceci signifie que l’augmentation de la, production chimique suit l’augmentation du niveau de vie. Ce qui est plus inquiétant est que la production des produits toxiques présente la même évolution et, pire encore, la production des substances classées CMR (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques) augmente même plus vite. Pour bien apprécier la dimension du problème, il faut savoir que sur les dizaines de milliers de substances chimiques répertoriées comme substances existantes, seulement 387 (produites en quantités importantes) sont suivies dans le cadre des statistiques d’Eurostat, dont 168 considérées toxiques.

En clair, sans une action vigoureuse pour réussir ce découplage entre augmentation des richesses et augmentation de la production, la pression exercée par le marché ne permettra pas d’atteindre une meilleure protection des personnes et de l’environnement. La mise en application du règlement européen REACH (voir plus loin) introduit de nouvelles exigences, dont l’objectif affiché est d’assurer la sécurité chimique d’ici 2020.

Poser une question

Notes

[1Dans son intitulé il est fait référence aux substances dangereuses

info portfolio

GIF - 14.5 ko
SPIP3  Mise à jour : le 30 octobre 2020 | Chartes | Mentions légales | A propos