Substances chimiques : quelles expositions et quels risques ?

Quelques éléments des sources d’exposition

- Inhalation : Pollution atmosphérique (p.ex. combustion de carburants fossiles, gaz, particules, etc.), milieu domestique (COV, parfums d’ambiance), milieu professionnel (solvants volatils, poussières) ;
- Ingestion de type alimentaire : Aliments frais contenant naturellement certaines substances actives (œstrogènes d’origine végétale), contaminés par contact (sol) ou par les retombées atmosphériques (HAP, dioxines, pesticides), par le mode de cuisson (HAP), par l’emballage (plastifiants) ;
- Ingestion fortuite (non liée à l’alimentation) : essentiellement par contact avec des surfaces ou des ustensiles contaminés, les enfants qui ont plus tendance à porter les objets à la bouche étant les plus à risque.
- Contact cutané direct : par exemple des solvants industriels (tetrachlorure de carbone, hexane), des pesticides organophosphorés.

Nous sommes tous exposés quotidiennement à des milliers de substances chimiques, tant d’origine anthropique que naturelles. Certaines peuvent clairement être étiquetées dangereuses, mais comment définir et exprimer les risques encourus pour chacune d’entre elles ? Les expositions sont très diverses par la voie respiratoire (pollution atmosphérique, air intérieur), alimentaire (contamination des aliments, eau potable), ou par le contact régulier avec de nombreux produits de consommation courante. Les niveaux peuvent également varier fortement entre le milieu professionnel ou l’environnement domestique. Bien entendu, la dangerosité des substances est définie dans des études toxicologiques classiques. Cependant, de nombreux risques ont été révélés par des études épidémiologiques, en particulier pour les expositions professionnelles.

Même si l’on se limite aux seuls risques sanitaires, plutôt chroniques qu’aigüs, sans prendre en compte les conséquences pour l’environnement, le domaine reste fort complexe et difficile à aborder globalement. Précisons ici quelques aspects importants, dont la bonne connaissance pourrait améliorer l’établissement de l’étiologie et la prise de mesure de protection :
- Le type d’exposition (et la dose) peut évidemment influencer le niveau d’exposition. C’est le cas en milieu professionnel où les niveaux d’exposition peuvent être élevés et répétés. Certains usages peuvent s’avérer particulièrement risqués. L’utilisation des pesticides par les agriculteurs constitue un exemple qui relève encore du risque professionnel.
- La population à risque peut présenter des facteurs de sensibilité, comme c’est le cas des enfants, physiologiquement vulnérables.
- Le mode de vie peut également être déterminant. Citons par exemple les habitudes alimentaires (type de régime alimentaire, diversité des sources, modes de cuisson).
- Enfin, il faut considérer certaines propriétés des substances elles-mêmes, qui peuvent influencer leur absorption, leur élimination, leur biodisponibilité, etc. Ainsi, certains xénobiotiques sont persistants et bioaccumulables, ce qui peut apporter un risque supplémentaire.

Le lien entre la toxicité des substances (études toxicologiques) et les effets sanitaires (épidémiologie), ne peut se faire que grâce au développement de ce qui tend à devenir une discipline, l’expologie, c’est à dire la mesure de l’exposition au niveau individuel [1]. Ceci est loin d’être trivial et nécessite le développement de méthodes analytiques, le choix des marqueurs ou la mise en place de stratégies de mesures évaluées par des méthodes statistiques complexes. Rappelons que les études, dites écologiques, sont de type corrélatif, c’est-à-dire basé sur la proximité à une source d’émission, plutôt qu’à l’exposition elle-même. C’est pour cette raison que le “biomonitoring () occupe une place importante.

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Notes

[1la détection d’une substance signifie exposition, mais n’est pas nécessairement associée à un risque mesurable

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