Risques en fonction du type de pathologie : les troubles neurologiques

Ces troubles peuvent concerner le système nerveux central : le cerveau et la moelle épinière. Ils se traduisent par exemple, par des troubles de la conscience, des modifications du comportement, de la mémoire ou des capacités intellectuelles. Ils peuvent également toucher le système nerveux périphérique, c’est à dire les nerfs et se manifestent alors, par exemple, par des fourmillements, des douleurs, des difficultés à la marche ou des pertes de sensibilité. Les agents environnementaux susceptibles d’entraîner ces effets neurotoxiques, sont principalement des substances chimiques.

Les substances ayant des effets neurotoxiques sont très diverses. Citons par exemple :
- Des dérivés d’éléments métalliques, plomb, mercure, organo-étains, arsenic (un métalloïde)
- Des pesticides, organochlorés, organophosphorés, les anticholinestérasiques
- Des solvants, notamment organiques (hydrocarbures, hydrocarbures halogénés, alcools, cétones, éthers, etc.)
- Des monomères, acrylamide, méthacrylate de méthyle, styrène.

Une étude publiée à la fin de 2006, basée sur la littérature scientifique internationale, a listé 201 substances neurotoxiques pour l’homme, dont certaines sont parfaitement connues pour causer des troubles neurodéveloppementaux. L’évolution de la reconnaissance des effets suit un schéma classique, avec d’abord documentation d’une neurotoxicité chez l’adulte, typiquement dans des situations de forte expositions d’origine professionnelle, puis des épisodes d’intoxication aiguë chez les enfants. Ce n’est que dans un deuxième temps que les données épidémiologiques ont permis d’identifier des déficits neurocomportementaux chez les enfants ayant été exposés dans la période prénatale, néonatale et parfois dans les premières années de la vie. Ces troubles du neuro-développement se caractérisent par des dysfonctionnements physiques, cognitifs, psychiques, sensoriels et du langage. Leur fréquence et leur gravité sont suffisamment importantes dans les pays industrialisés pour constituer un problème de santé publique : entre 3 et 8% des enfants européens seraient concernés. Ils seraient 6% aux Etats-Unis.

Le système nerveux de l’enfant est très sensible à l’action de certains toxiques au cours de son développement et les effets qui en résultent sont irréversibles. Les agents environnementaux suspectées sont les PCB, le plomb, le méthylmercure, neurotoxiques avérés et fréquemment retrouvés dans l’environnement. Chez les enfants, le taux d’absorption du plomb et du méthylmercure est bien supérieur à celui des adultes. De plus, le système de protection du cerveau n’étant pas terminé avant l’âge de 6 mois, sa vulnérablité aux neurotoxiques est majeure.

La part attribuable aux facteurs environnementaux dans la survenue de troubles neurologiques est très difficile à évaluer. Les troubles mentaux et du comportement sont courants pendant l’enfance et l’adolescence et l’OMS estime que 10 à 20% des enfants dans les pays développés en présentent un ou plusieurs. Des facteurs génétiques, psychologiques et sociaux en expliquent une large part.

Depuis quelques années, on constate, dans les pays industrialisés une augmentation de certaines maladies neuro-dégénératives, telles que la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer. Le vieillissement de la population est en partie responsable de l’accroissement de ces pathologies. Cependant, le lien avec l’exposition à certains polluants est toujours considéré une hypothèse plausible. Plusieurs études épidémiologiques ont mis en évidence des liens entre les troubles neurologiques et des expositions, notamment professionnelles, aux solvants, métaux lourds et pesticides. Mais, là encore, de nombreuses incertitudes persistent.

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