Quantification des risques sanitaires : quelles données, quelles méthodes ?

La description détaillée des niveaux et des distributions de toute forme de pathologie, ainsi que de leurs causes constituent les données de base pour l’élaboration de stratégies d’amélioration de la santé des populations. Les chiffres sur la mortalité ou les hospitalisations souvent orientent vers les besoins en actions palliatives, parfois curatives. Par contre, la bonne connaissance des risques sanitaires, forcément liés à une (ou de multiples) exposition, est la clé pour agir sur le plan préventif. Il existe une quantité substantielle de travaux sur la quantification des causes de la mortalité et plus récemment sur la charge de la maladie (indicateur agrégé). Cependant, l’analyse de la mortalité et la morbidité associées à des facteurs de risque a été le plus souvent conduite selon des méthodologies traditionnelles, soit facteur par facteur et dans un nombre de situations limitées. Dans ces conditions, on peut relever un certain nombre de faiblesses :
- L’attribution du point de vue de la causalité à des facteurs de risque est estimée par rapport à un niveau zéro ou un niveau constant d’exposition qui constitue la référence. Cette exposition de base, qui peut tout à fait donner une estimation globale du risque, ne nous renseigne pas nécessairement sur les impacts sanitaires dans le cadre de scénarios d’exposition différents.
- Les étapes intermédiaires (dans la chaîne de causalité) et les interactions entre paramètres ne sont généralement pas considérées dans ce type de calcul. Ainsi, les parts attribuables ne peuvent être obtenues que pour les facteurs qui ont fait l’objet d’études épidémiologiques pour des combinaisons précises facteur de risque - pathologie.
- L’influence du temps dans l’attribution de la causalité est une limitation importante. La mesure des effets délétères en un instant t ou sur une période arbitraire ne peuvent distinguer le nombre de cas qui auraient été évités en l’absence du facteur de risque ou simplement retardés. Plus généralement, les approches classiques ne peuvent pas tenir compte d’un risque qui évolue dans le temps.
- L’utilisation de la mortalité ou la morbidité, atribuées à une pathologie donnée ne permet pas de faire des comparaisons entre facteurs de risque, d’où l’importance d’utiliser des conversions en unités comparables (les DALYs).

L’analyse comparative des risques (décrite ailleurs) constitue le cadre unifié permettant l’analyse de l’influence de la modification de l’exposition à un facteur de risque (ou un ensemble de facteurs) sur la santé des populations. Il s’agit en particulier de tenir compte des diverses étapes dans la chaîne causalité, mais aussi de multiples issues en termes d’impacts sanitaires, pour pouvoir adapter par inférence à de multiples situations d’exposition et de considérer des “déficits” de santé, comme l’exposition, indexés en fonction du temps. Cette approche est le point de convergence de données en provenance de diverses disciplines, médicales mais aussi des sciences sociales.

Il est important de distinguer l’évaluation des risques proposée ici de l’analyse de l’impact des interventions, qui visent à évaluer les bénéfices de mesures spécifiques, au niveau d’une population donnée et en un laps de temps défini. L’évaluation des risques a pour but d’estimer l’évolution de l’état sanitaire, sous forme de scénarios alternatifs, en fonction des modifications des distributions de l’exposition à des facteurs de risque dans le temps. Elle ne se préoccupe pas de la faisabilité ou de l’efficience (en termes de coût - bénéfice) des mesures, comme c’est le cas pour l’analyse de l’impact des interventions.

2 Messages de forum

  • Bonjour,

    Je rencontre des difficultés à comprendre le sens de la phrase suivante :
    "Il s’agit en particulier de tenir compte des diverses étapes dans la chaîne causalité, mais aussi de multiples issues en termes d’impacts sanitaires, pour pouvoir adapter par inférence à de multiples situations d’exposition et de considérer des “déficits” de santé, comme l’exposition, indexés en fonction du temps."

    Vous serait-il possible de la reformuler ?

    Je vous remercie par avance

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    • Je comprends tout à fait vos difficultés. Cette page devra être réécrite intégralement pour plus de clarté. Retenez pour le moment, que la quantification des risques sanitaires passe par des simplifications, ne peut se faire que facteur par facteur et n’est accessible que pour des cas où les études épidémiologiques nous fournissent des fonctions exposition-risque (au programme aussi du 2nd semestre).

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