Etapes importantes dans l’élaboration de la démarche d’évaluation des risques

Selon Paracelse, un des pères de la toxicologie, “la dose fait le poison”. Malgré le fait que ce concept existe depuis le 15ème siècle, jusque dans les années 1940, la pensée dominante admettait l’existence de deux types de substances :
- les dangereuses ;
- les sans danger.

La toxicologie de l’époque était conçu autour de cette “croyance” et seuls les effets avec seuil étaient admis. La première notion, datant de cette époque est la NOEL (No observed effect limit ou limite sans effet observable). En 1954, les toxicologues de la FDA [1] Lehman et Fitzhugh propose les ADI (acceptable daily intake ou dose ingérée acceptable) [2]. Dans cette même publication sont définis les facteurs de sécurité : un facteur 10 pour la transposition de l’animal à l’homme et un facteur 10 pour la variabilité interindividuelle (voir aussi le cours de toxicologie). Cette période se caractérise par une approche simplifiée de ce qui ne s’appelait pas encore “évaluation des risques”. En réalité, il n’y avait que deux étapes, la caractérisation du danger et la relation dose/effet.

Le changement est amorcé avec les premières données radiobiologiques. Vers la fin des années 50 et dans les années 60, des débats animent la communauté scientifique. Il y a les premiers résultats sur les survivants des bombes atomiques et la controverse autour des impacts des essais atomiques aériens. La notion d’effet sans seuil pour les cancérogènes est reconnue. Les toxicologues continueront à raisonner avec des valeurs seuils, mais notons que ceci n’empêche pas les décideurs d’interdire. Ainsi, la clause Delaney ; “pas de cancérogènes dans les aliments” est introduite en 1958.

L’évolution (y compris au niveau des consciences) n’est pas linéaire. Parfois des événements remarquables provoquent de véritables secousses. Un bon exemple est fourni par la publication du rapport Goffman et Tamplin en 1969, commandé par l’AEC (Atomic Energy Commission des Etats Unis). Le rapport concluait que les normes de pollution radioactive en vigueur, qui interdisaient aux industries nucléaires de dépasser le seuil de 0,17 rad, pourraient néanmoins être responsables aux États-Unis de 16 000 décès supplémentaires par cancers par an. Peu de temps après, Gofman et Tamplin revirent leur estimation à la hausse en portant le nombre de décès supplémentaires à 32 000. Les premières méthodes d’évaluation des risques datent des années 70. Cette période est parmi les plus féconde. Les travaux sont menés par la FDA et l’EPA, notamment sur les pesticides. L’IARC [3] apparaît sur la scène et l’OSHA s’intéresse à l’évaluation des risques professionnels. Le premier rapport formel porte sur le risque cancérigène. Il est produit par l’IRLG [4] en 1979. Les conditions sont réunis pour la réflexion qui a conduit au rapport du National Research Council de 1983, dit aussi le livre rouge, qui fait l’objet de la page suivante.

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Notes

[1Food and Drug Administration, chargée d’instruire les autorisations de mise sur le marché

[2c’est le risque alimentaire qui prédomine à cette époque

[3Agence internationale de recherche sur le cancer - émanation de l’OMS

[4Interagency Regulatory Liaison Group

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