Proposition d’une typologie officielle des risques

Si l’on se réfère aux définitions de la page précédente, le domaine des risques est très vaste. Pour s’en apercevoir il faut par exemple le considérer du point de vue assurantiel, qui s’applique à tout risque quantifiable et donc susceptible d’être assuré [1]. Les risques peuvent être financiers ou accidentels, bien au delà du périmètre qui nous concerne ici, les risques d’origine environnementale.

Une vision du traitement de ces risques environnementaux peut être apporter en étudiant la typologie proposée par le MEDDE [2] qui, dans son périmètre actuel comprend les transports et l’équipement. De ce fait, il traite des accidents de la route et des risques aériens, qui ne sont donc cités que pour mémoire. Les trois autres catégories sont au cœur du sujet de ce chapitre :
- Risques naturels ;
- Risques technologiques ;
- Risques sanitaires.

L’identification de la catégorie risques naturels peut sembler a priori assez intuitive. Nous verrons dans la partie réglementaire que leur délimitation pose néanmoins quelques problèmes. En première intention, tout phénomène naturel, de caractère exceptionnel, susceptible de porter atteinte aux biens et/ou aux personnes rentre dans cette catégorie.

Les risques technologiques, quant à eux, sont liés à des activités, de production ou de transformation, qui bénéficient d’une codification particulière (Installations classées pour l’environnement ou ICPE). Ces activités à risque sont soumises à des plans particuliers et des mesures associées qui seront traités plus loin.

Les risques sanitaires sont les plus complexes car ils peuvent survenir dans de nombreuses circonstances, de manière fortuite ou contrôlée. Leur prise en compte est obligatoire dans de nombreuses politiques, toutes réglementées par le biais du Code de l’Environnement.

13 Messages de forum

  • bjr professeur ! Au regard de la classification des risques que vous nous avez donné, y-a t-il réellement un cloison étanche entre les risques naturels et les risques technologiques ?
    Etant donné que l’action de l’homme apparaît de plus en plus dans les catastrophes même celles qui sont considérées comme naturelles,le cas des inondations par exemple qui sont souvent liées à une urbanisation anarchique. les dérèglementations climatiques observées aujourd’hui ont des conséquences météorologiques importantes qui semblent naturelles alors qu’elles sont le fait des activités anthropiques.

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    • Proposition d’une typologie officielle des risques 3 février 2010 00:04, par Yorghos Remvikos

      L’activité de l’homme a clairement des responsabilités dans l’aggravation de certains risques naturels. Ceci ne change pas la manière de les gérer. Il y a des pistes pour agir préventivement.

      En revanche, les risques technologiques sont totalement distincts. Ils sont liés à des installations dangereuses (incendies, explosions, déversement ou émanations de substances toxiques).

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  • Pour rebondir à la préoccupation de Carine, Professeur, permettez moi de faire le constat selon lequel l’homme serait responsable de toutes les nuisances que la terre subirait de nos jours ! Pourquoi dire que nous sommes en partie responsable de l’aggravation de ces phénomènes ? Pourquoi depuis des siècles que les premiers hommes existent il n’ y a jamais eu des phénomènes pareils ? Je crois tout de même que c’est notre ambition à dominer tout qui fait en sorte que nous ne soyons plus capables de maîtriser certaines choses !
    Si nous étions vraiment radical, sévère dans la façon de faire et d’agir, je crois que nous ne serions jamais arrivé à ceci ! Je prends l’exemple du récent sommet sur les changements climatiques ; croyez-vous que les dirigeants ont été vraiment optimistes dans leurs décisions professeurs ?
    En tant que simple étudiant dévoué à comprendre pour mieux agir (et qui sera peut-être amené à prendre les décisions dans le futur), beaucoup reste à faire dans notre façon de gérer les risques, les prévenir ! Notre vision vise à prévenir quand cela arrive et non à agir formellement pour éviter !

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    • Proposition d’une typologie officielle des risques 4 février 2010 19:05, par Yorghos Remvikos

      Pour ma part, j’essaye de vous fournir une vision équilibrée des choses, ni trop culpabilisante, ni catastrophiste. Seule l’action que vous contribuerez à mettre en place compte. Pour ça nous vous fournissons des connaissances, des outils et des clés de lecture.

      Vous aurez l’occasion de constater, tout au long des cours, que mon ambition personnelle n’est pas de dominer. Je fais miennes la déclaration de Rio et toute une série de textes auxquels je fais référence dans mes cours, dans la sens du développement soutenable, la santé des hommes étant indissociable de celui-ci.

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      • Proposition d’une typologie officielle des risques 5 février 2010 10:25, par Djeufa Heuchin Gile

        Bonjour et merci Professeur !
        Je suis vraiment marqué par votre réponse et je comprends clairement les objectifs du cours à présent ! Excusez-moi d’avoir été un peu trop dur dans mon constat, je suis simplement très bouleversé par la façon avec laquelle les décideurs se comportent. Permettez-moi de vous dire, sans toute fois vous flatter, que je suis particulièrement marqué par les réponses que vous apportez à nos questions. Vivement que nous soyons ensemble tout au long de cette formation et que votre expertise nous serve d’exemple à suivre.
        Bonne journée professeur

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  • Le lien sur "Les risques sur le site du Ministère du Développement Durable" ne fonctionne pas

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  • Une question pour être sûre d’avoir bien saisi la typologie des risques environnementaux, car il me vient l’exemple d’un terme que je crois trompeur : les enjeux liés aux biotechnologies, seront plutôt envisagés du point de vue risque sanitaire si l’on considère les impacts potentiels sur la santé humaine ou peut on également les considérer dans le sens risques technologiques dans certains cas (processus et manipulations qui pourraient être dangeureuses ?) . Merci

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  • Bonjour Professeur.
    N’y a-t-il pas interférence dans la proposition de la typologie des risques, notamment entre risques technologiques et risques sanitaires ? En effet, le risque sanitaire peut provenir d’une technologie ! en l’occurrence la biotechnologie (les OGM).

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    • Proposition d’une typologie officielle des risques 9 novembre 2014 23:07, par Yorghos Remvikos

      Le risque technologique n’a rien à voir avec les OGM. Il correspond à une installation industrielle, qui peut, par exemple, exploser ou prendre feu. Dans votre logique, tout risque lié à une substance chimique, dès lors que celle-ci implique une technologie de production, serait-il considéré comme technologique ? Encore une fois, lisez les cours jusqu’au bout.

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  • bonjour
    pour moi j’ai une question par rapport aux risques technologiques et industriels , a chaque fois que je cherche un risque technologique je tombe toujours sur des risques industriels , alors que les risques industriels est une catégorie des risques technologiques.je vous pose cette question parce que l’année passée on a eu un module de gestion des risques et c’etait pas vraiment clair pour moi .

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    • Proposition d’une typologie officielle des risques 9 novembre 2018 09:53, par Yorghos Remvikos

      Il y a en fait différents niveaux de lecture, au moins deux j’argumenterais. Un conseil, ne restez pas prisonnière des mots et essayez de remonter aux concepts. Le premier niveau relève du réglementaire et d’une tentative de "maitriser" les risques, en développent un discours qui évidemment va évoluer en fonction des événements qui révèlent la vulnérabilité de nos sociétés. Ainsi, l’accident de Seveso a fini par devenir un substantif, appliqué aux installations industrielles. De même, l’explosion de l’usine d’AZF à Toulouse, ne pouvait rester sans réponses réglementaires et a conduit à la loi sur les risques technologiques. Vous voyez qu’il s’agit d’une évolution du langage qui ne traduit pas nécessairement la reconnaissance de nouveaux risques, mais leur traitement face à une pression sociale croissante. L’explosion de la poudrerie de Grenelle, en plein centre de Paris, en 1794, n’a pas eu les mêmes conséquences.
      Finalement, l’inclusion des risques technologiques dans les risques industriels ou la création d’une nouvelle catégorie, ne doit pas changer notre compréhension du risque lui-même. En revanche, les processus réglementaires deviennent compliqués, avec les obligations d’étude de dangers, l’applicabilité des directives Seveso (seuil bas ou haut) ou de plan de protection contre les risques technologiques, tous relevant des dispositifs réglementaires.

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Voir en ligne : Site-portail du Ministère du Développement Durable sur les risques

Notes

[1Le principe est qu’un risque dans la fréquence peut être estimée avec une certaine précision, permet de calculer une prime qui couvre le risque et le dédommagement qu’il faudrait verser en cas de réalisation

[2Acronyme du Ministère chargé de l’Ecologie en France

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