Gestion du risque : les acteurs et leurs domaines d’intervention

La gestion du risque est souvent assimilée à l’action des pouvoirs publics. Pourtant, même dans les prescriptions réglementaires, des acteurs privés peuvent avoir des obligations. C’est la cas de l’employeur dans le milieu professionnel. Si on examine la situation de plus près, les limites deviennent relativement floues et il est préférable de représenter la situation selon le schéma ci-contre qui tente de délimiter les champs d’action :
- Des pouvoirs publics ;
- Des professionnels de santé ;
- Du système éducatif ;
- De la société civile ou encore de tout un chacun.

Pour tenter d’hiérarchiser les interventions, leur représentation est situé dans l’espace du risque, lui-même figuré sous forme d’un gradient d’exposition avec les valeurs les plus élevées au centre. Ceci permet de visualiser que le champs de la règlementation s’applique aux expositions les plus fortes (les plus dommageables), avec des obligations qui présentent un caractère plus ou moins contraignant en fonction du type de danger ou de l’importance du risque. En théorie cette action protectrice devrait être satisfaisante, mais nous savons qu’en pratique il n’en est rien. Il existe donc des marges d’amélioration qui reviennent soit à une action publique non réglementaire (qualifiée de locale sur le graphique), soit à d’autres actions d’accompagnement qu’il convient de préciser, en fournissant quelques exemples.

Tout ce qui relève de l’information, sensibilisation ou éducation, actions auxquelles on attribue le qualificatif d’incitations, peut améliorer les comportements à risque et de ce fait avoir un caractère préventif. L’équilibre entre incitation et contrainte ne reflète, en général, ni les responsabilités ni les gains respectifs espérés. Ainsi, en cas de pics de pollution, il y a une obligation d’alerte et parfois quelques mesures qui s’appliquent au trafic. Pour autant, les mesures sont sans effet sur le niveau de pollution et, à moins d’éviter la zone polluée, l’individu ne dispose pas de moyens de se protéger.

Pour ce qui concerne l’action locale nous pouvons citer toutes les mesures qui peuvent s’appliquer à l’échelle, par exemple, communale pour organiser la circulation, dans le but de limiter l’usage de l’automobile. Des bénéfices sont ainsi obtenus du point de vue des émissions, mais aussi de l’augmentation de l’activité physique. Il s’agit donc bien de mesures d’accompagnement, susceptibles de contribuer à la diminution globale du risque.

2 Messages de forum

  • J’ai quelques difficultés à différencier les 3 catégories : la contrainte, l’incitation et l’accompagnement. En reprenant l’exemple du pic de pollution, dans certaines grandes villes françaises, une mesure a été prise pour instaurer la circulation alternée (certains jours de la semaine les voitures à un nombre pair peuvent circuler, inversement les autres jours de la semaine) sous peine de sanction. En lisant la première partie de la page je classais cette mesure dans la catégorie de la contrainte puisqu’il y a sanction si la mesure n’est pas respectée. Mais en poursuivant jusqu’à la fin, j’ai l’impression que cette mesure peut-être classée dans les 2 autres catégories..Avez-vous d’autres exemples qui m’aiderait à distinguer les 3 ?

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    • Gestion du risque : les acteurs et leurs domaines d’intervention 1er novembre 2018 13:04, par Yorghos Remvikos

      Essayons de considérer votre question autrement, ou de la reformuler si vous voulez. Il y a un problème avec la pensée essentialiste (platonicienne on pourrait dire), qui nous conduit à considérer des concepts comme des idées pures, appartenant à des registres étanches l’un à l’autre. Or, si nous adoptons un point de vue systémique, contrainte, incitation et accompagnement, seraient des dimensions inséparables d’un même problème. En clair, dans chaque mesure de gestion nous retrouverons, des parts variables de chacune des dimensions.
      Il y a une difficulté tout à fait française qui ne porte son attention que sur la qualité de la conceptualisation du problème, des réflexions interminables, préalables à toute action. De plus, cette logique ne conduit qu’à l’obligation des moyens, comme philosophie de l’action publique, contrairement aux anglo-saxons, qui eux insistent sur l’obligation de résultats, même avec des mesures initialement imparfaites, corrigées au fur et à mesure.
      D’autres aspects de sous-théorisation ou de mauvaise conceptualisation, apparaitront avec l’évolution du programme.

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