Quelles sont les questions posées et comment y répondre

Nous avons choisi encore une fois comme point de départ des mouvements d’opinion, intervenus suite à la prise de conscience des impacts potentiels des dégradations environnementales sur la santé. Sans refaire l’historique, nous pouvons citer quelques cas de différentes natures :
- Ponctuels, face à un événement accidentel (mais qui soulève néanmoins des questions de fond), comme l’explosion du réacteur de Tchernobyl et les conséquences de la traversée du nuage en France ;
- D’autres sur la durée, dont les formes d’expression sont différentes et qui mobilisent plus ou moins les acteurs directement concernés, comme ce fut le cas pour les expositions à l’amiante de nombreuses professions
- D’autres encore qui provoquent des mobilisations autour d’effets plutôt méconnus (et à ce titre souvent craints), associés à une pratique récente et répandue, le meilleur exemple étant la téléphonie mobile.

En conséquence, les questions que se posent à la puissance publique concernent la dangerosité de produits librement accessibles, l’impact d’activités, de pratiques professionnelles, etc. Bien sûr, depuis la reconnaissance de certains scandales sanitaires, il est devenu nécessaire d’anticiper sur les dommages, de les prévenir et non plus de corriger le tir une fois que le risque c’est réalisé, provoquant un certain nombre de victimes. Il ne sera pas possible d’éviter tout risque, mais le modèle de prise de décision (autorisations de mise sur le marché, protection en milieu professionnel, normes environnementales) doit être clairement établi et apporter le degré de protection maximum compte tenu des connaissances scientifiques du moment.

Il ne faut pas esquiver les difficultés de la mise en œuvre de ce principe louable. Qui dit anticiper pour prévenir les dommages, accepte implicitement que les données scientifiques sur les possibles effets néfastes d’un facteur donné sont incomplètes, contiennent des incertitudes. C’est autour de ces questions que naissent les controverses et les débats parfois animés. C’est la raison pour laquelle tant d’efforts sont consacrés pour élaborer des cadres robustes, transparents [1], ouverts (dans le sens de la participation des parties concernées). Autour de la question de la mobilisation de la “bonne” science il y a bien des aspects à résoudre et en particulier l’acceptation que les prises de position contiennent une part qui repose sur les valeurs des individus, surtout en cas de manque de données mesurables. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’élaboration par le NRC (USA) du cadre de l’évaluation des risques.

Poser une question

Notes

[1Une notion sur laquelle nous reviendrons dans le cours sur l’expertise

SPIP3  Mise à jour : le 30 octobre 2020 | Chartes | Mentions légales | A propos