Les liens entre le développement du cerveau et le système immunitaire

Pendant la période intrautérine et les premières années de la vie jusqu’à l’adolescence, le système de stress présente une plus grande plasticité. Une activation excessive ou prolongée par des facteurs environnementaux durant ces phases critiques peut affecter le fonctionnement de l’organisme, avec de possibles effets physiopathologiques qui se révéleraient plus tard. La CRH [1] semble être le coordinateur de l’adaptation immunologique, comportementale ou neuroendocrine, à des situations de stress. Des taux élevés et une production soutenue de CRH sont au cœur de la pathogénèse et des manifestations du syndrome de stress chronique, avec ses répercussions, circulatoires, endocrines, métaboliques, psychiatriques et immunitaires.

Le système immunitaire est bien caractérisé de par son rôle critique dans les défenses de l’individu (infections par exemple). Depuis quelques années les preuves s’accumulent concernant son implication dans des fonctions du système nerveux central que nous qualifierions d’homéostatiques (sommeil, métabolisme, mémoire). Son dysfonctionnement peut être lourd de conséquences, en particulier pendant le développement. Les cellules de la microglie et les astrocytes, qui sont les cellules immunocompétentes du cerveau, sont impliquées dans toutes les fonctions associées au développement : synaptogénèse, apoptose, angiogénèse [2].
Des cytokines [3] comme le TNFα, les interleukines IL-1β et IL-6, sont produites par la glie dans le système nerveux central. Elles sont impliquées dans la formation et le dimensionnement des synapses, la potentiation à long terme et la neurogénèse. Il apparaît clairement que les cytokines agissent à la fois dans le sens de la formation de la lésion et de sa réparation. Les conditions qui contrôlent l’issue sont sous intense investigation.

La communication entre le cerveau et le système immunitaire est bidirectionnelle, ce qui peut rejaillir sur le comportement. L’exposition à des taux élevés de cytokines, durant des phases-clés du développement cérébral, peut aussi faire office de facteur de “vulnérabilité“ pour des pathologies qui apparaîtront plus tardivement. L’altération des réponses immunitaires peut avoir des conséquences importantes et persistantes sur le comportement, y compris les aptitudes sociales, cognitives ou affectives.

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Notes

[1Corticotropin relase hormone

[2Développement de nouveaux vaisseaux sanguins

[3Substances servant à la communication entre les cellules du système immunitaire et d’autres tissus

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