Le système de stress et ses connexions avec des centres du cerveau

L’integrité de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS ou HPA en anglais) et sa régulation fine sont indispensables pour une bonne réponse à toute forme de stress. La CRH et l’AVP (Arginine-vasopressine) sont les deux acteurs-clés. Elles sont secrétées, de manière pulsatile, dans le système porte de l’hypophyse et selon un rythme circadien. L’amplitude augmente au réveil. Le centre qui contrôle ce cycle circadien n’a pas encore été identifié. En cas de stress intense, quand le système CRH/AVP ne peut suffire, d’autres systèmes viennent suppléer. Classiquement, on associe au stress des effets thermogène (élévation de la température corporelle) et anorexiogène (perte de l’appétit). Les glucocorticoïdes (effecteur final de l’axe HHS) ont des effets cataboliques majeurs, dans le but de réserver toutes les ressources énergétiques disponibles pour la réponse à l’agression. La gluconéogénèse hépatique est augmentée, ainsi que le taux sérique en glucose, une certaine lipolyse et une dégradation de protéines (muscle, os) sont favorisées.

Tout ceci doit être placé dans le contexte d’une réponse transitoire, capable de se résoudre d’elle-même en cas de retrait de l’agression. Cependant, l’intensité ou la répétition du stress qui initie la réponse peut aboutir à la mise en place de réponses anormales, comme il est montré sur la figure ci-contre.

Les réponses “organiques” citées ci-dessus ne sont pas les seuls. Les circuits du stress sont reliés à de multiples structures du cerveau qui vont contribuer à cette réponse. Il ne s’agit pas ici de se lancer dans un exercice de neuroanatomie. Peu importe les noms des structures concernées. De la même façon que nous avons lié l’activation des réponses de stress avec les conséquences sur le métabolisme ou l’immunité, nous pouvons analyser les structures particulières et les fonctions qu’elles contrôlent. Ces structures comprennent le système mesocorticolimbique dopaminergique, l’ensemble complexe amygdalien/hippocampe et le noyau arqué à proopiomélanocortine (POMC).

Le premier est activé par les catécholamines, la CRH et les corticoïdes. Son activité module la réponse au stress et il est impliqué dans les réactions d’anticipation et cognitives. Certains neurones du système jouent un rôle-clé dans des réponses de motivation ou de récompense. Ils sont le siège des sensations d’euphorie et de dysphorie. Dans le cas du second, il y a activation par des neurones catécholaminergiques ou des stress émotionnels comme le réflexe de peur conditionné. Son rôle est plutôt activateur vis-à-vis du stress et de l’anxiété. Quant au système à POMC, citons ici sa capacité à sécréter des précurseurs et des opiacés endogènes, ce qui pourrait lui conférer une action dans l’analgésie (perte de la sensation de douleur) due au stress, en inhibant les signaux de douleur envoyés par les nerfs sensoriels.

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